8 mai 2015

Khoda negahdar

Voila, c'est la fin du tronçon Iran de mon voyage. Je passe la frontière à Bajgiran tôt demain matin, pour ne pas perdre de temps sur mes 5 jours de visa turkmène.

Arrivée à Bajgiran, poste frontière iranien. De l'autre côté, le Turkménistan.

Et comme le cafe-net de Quchan va fermer, je fais court. Je repars une nouvelle fois d'Iran avec l'envie d'y revenir, et peut-être de repasser voir quelques-uns de mes hôtes, dont certains sont de véritables amis. Et qui sait, peut-être un jour aurai-je le plaisir d'accueillir certains d'entre eux en France...

Alireza Ghorbani: "Tasnif saghi", album Sarve ravan

Le morceau de musique en annexe (ou ci-dessus), c'est un de ceux qu'Ahmad, un de mes premiers hôtes près de Shiraz l'an dernier, m'avait copiés sur mon petit baladeur mp3.

Je ne suis pas prête d'oublier cette rencontre : c'était la première fois que je confiais mes 4 sacoches à un automobiliste inconnu qui me proposait l'hospitalité dans un village situé une trentaine de km plus loin. Je vous raconterai ça si un jour je reconstitue, après coup, un blog de mon premier voyage en Iran...

Lac salé de Tashk et bergers nomades à moto

C'était le premier morceau que j'avais écouté en roulant sur les hauts plateaux semi-désertiques, entre Tashk et Kerman. Merci pour ce petit cadeau que j'ai beaucoup apprécié. Et merci à tous mes hôtes iraniens.

Mashhad, veillées d'armes

Mashhad est la 2e plus grande ville d'Iran, mais je l'ai trouvée reposante par rapport à Téhéran.

Mashhad. Dôme doré du complexe Imam Reza.

Mastan & Homay : "Sarzamineh bi karan"

D'ailleurs, il n'est pas si exceptionnel de voir des Iraniens à vélo dans Mashhad, même s'ils sont, comme dans toutes les grandes villes iraniennes, bien moins nombreux que les motos.

Motocyclette iranienne typique. Mashhad.

Il faut juste éviter de séjourner à Mashhad pendant les grandes fêtes de pèlerinage.

Outre la quantité de safran disponible au bazar, les 2 spécificités de Mashhad sont l'ensemble mausolée + mosquée Imam Reza, et le consulat turkmène.

Mashad, autour du mausolée Imam Reza

Le mausolée Imam Reza, relativement peu connu des touristes occidentaux, est le plus grand site de pèlerinage des musulmans chiites, et une des plus grandes mosquées du monde. Les touristes ici viennent plutôt d'Iran, de certains Emirats Arabes, d'Iraq, et du Pakistan.

Mashhad. Imam Reza, une des entrees du site

Le consulat turkmène, lui, attire une concentration relativement élevée de cyclo-voyageurs ou autres routards occidentaux occupés à attendre leur visa de transit. Ainsi, dès le premier de mes 3 passages au consulat, j'ai rencontré 5 cyclistes : Pere le Catalan que j'avais vu à Tabriz, Kim le Coréen, Alexia et Daniel de Bruxelles, et Maxime alias le cyclochard, un autre francais. Tous en route pour le Pamir. Dès qu'on a nos visas en fin d'après-midi, on part se préparer : révision du vélo ou du matelas auto-dégonflant, achat de ravitaillement, lessive, affinement de la feuille de route, repos...

Zurkhaneh à Mashhad. Gymnastique traditionnelle iranienne.

Nous quitterons tous Mashhad dans les 24 ou 48 heures, avec chacun notre visa de transit de 5 jours, mais nous ne ferons pas route ensemble : soit nous sommes décalés de 24 h, soit nous ne passons pas par le même poste-frontière. La rigidité de l'administration turkmène ne nous permet pas de fantaisies : dates et postes-frontière d'entrée et de sortie sont inscrits sur nos visas. Et on sait que si on s'écarte de la route de transit correspondante, on sera rapidement repérés (un vélo avec 4 sacoches Ortlieb ne passe pas inaperçu dans le coin) et remis sur les rails au premier poste de police en chemin. Le gouvernement turkmène contrôle tout, sauf le sens du vent. S'il pouvait, il le ferait souffler du sud et nous donnerait seulement 3 jours.

Khorasan, le pays du safran

Clavier iranien/qwerty, sans accents, vous les mettrez vous-memes.

Confitures séchées en couches minces

Salar Aghili : "Sabz tasnif", album Sayehaye Sabz

Le nord du Khorasan est une jolie region, assez fertile, vallonnee, a la limite montagneuse le long de la frontiere turkmene.

Khorasan e Razavi, vers le nord

Par chance j'ai eu un bon vent de dos sur plus de la moitie du trajet, et il y avait peu de montee et un peu plus de descente (deniveles cumules +700m / -900m).

Khorasan e Razavi

J'ai donc pu sans trop de peine faire en une journee 136 km porte a porte entre Nishapour et Mashhad. Ce sera tres probablement l'etape a velo la plus longue de mon voyage, en kilometrage.

Khorasan e Razavi près de Mashhad.

Le sud du Khorasan est plat, c'est la qu'on cultive les crocus dont on tire le safran. Je n'ai pas vu les plantations de crocus, mais du safran, j'en ai vu des kilos (non, je n'exagere pas) au bazar Reza a Mashhad.

Safran au bazar Reza de Mashhad

5 mai 2015

Planétarium Omar Khayyam

Cet édifice est tout proche du mausolée d'Omar Khayyam, qui est bien signalé, à la sortie Est de Nishapour. C'est le batiment rond derrière la statue d'Omar Khayyam.

Planétarium Omar Khayyam.

Planétarium en chantier... Ce que je ne savais pas, c'est que ce planétarium, dont j'avais vu une belle photo sur Wikipedia, en était resté à l'état de chantier... Mon hôte Arash m'a expliqué que ce planétarium avait été victime des restrictions budgétaires induites par les sanctions internationales, et personne ne savait si ce chantier serait terminé un jour.

Tout près de ce planétarium en chantier, à quelques centaines de mètres du parc dans lequel se trouve le mausolée d'Omar Khayyam, on peut visiter les mausolées de 2 autres gloires locales, le poète mystique médiéval Attar et le peintre Kamal al Molk (19e siècle). Dans ce deuxième parc, une des boutiques de souvenirs passait de la musique traditionnelle iranienne (cliquer ci-dessous ou sur "Annexe").

Alireza Ghorbani : "Raze del", album Rosvaye zamane

Nishapour. Mausolées Attar et Kamal al Molk.

A propos des sanctions internationales, quelques Iraniens m'ont fait remarquer que les mouvements terroristes qui défraient la chronique dans les pays occidentaux (Al Qaida, Daesh ou autres talibans, qui ont en commun d'être des intégristes sunnites), ne bénéficient d'aucun soutien de l'Iran (l'Iran, république islamique chiite, ne soutient que le Hezbollah et le Hamas), n'ont pas réussi à s'implanter en Iran, et ne recrutent pas d'Iraniens. Vieiile ville de Yazd. Sous le chador, jeans moulants et talons hauts Mais à 3 reprises pendant ce voyage, on m'a fait remarquer, avec étonnement et incompréhension, sans aucune agressivité, qu'il y avait des centaines de Français parmi les terroristes de Daesh... Personne ne m'a par contre parlé des caricaturistes de Charlie Hebdo.

Quant aux perspectives de détente et levée des sanctions suite aux récentes négociations de Lausanne, les Iraniens qui m'en ont parlé attendent de voir des améliorations concrètes avant de se réjouir. Ils espèrent très prudemment...

Omar Khayyam e nishapuri

Tombe d'Omar Khayyam

Dang Show : "Fill the blank", album Shiraz 40 saleh

Mausolée d'Omar Khayyam

C'est pour lui que je voulais visiter Nishapour. J'avais entendu parler d'Omar Khayyam pendant un cours optionnel d'histoire et philosophie des sciences quand j'étais jeune étudiante. Je n'avais à l'époque pas bien conscience que tous ces savants aux noms arabes étaient en fait majoritairement persans.

Je ne vais pas vous recopier sa biographie, mais Omar Khayyam (1048-1131) est l'auteur d'un traité sur la résolution des équations du 3ème degré, et un des experts à l'origine de la réforme du calendrier persan. Il a introduit les années bissextiles et en a calculé la fréquence avec une précision meilleure que celle du calendrier grégorien, introduit en Europe 5 siècles plus tard.

En Iran, il est plus connu pour ses quatrains, dont les plus hérétiques ont été classés "non authentiques" par les gardiens de la révolution islamique.





Quand l'arbre de ma vie, écroulé dans l'abîme,
Sera rongé, pourri, du pied jusqu'à la cime,
Lors, si de ma poussière on fait jamais un pot,
Qu'on l'emplisse de vin, afin qu'il se ranime.

Traduction de Abdulghasem Etessamzadeh, Vincent Monti et Amir Hooshang Kavousi Rubbayat et thé au safran

1 mai 2015

Kashan et le Dasht e Kavir

Kashan.Toits et badgirs vus du toit du hammam.

Kashan. Bagh-e Fin. Pour redescendre d'Abyaneh, Sharareh m'a déniché un véhicule : elle a reconnu sur la place du village une conductrice qui promène régulièrement des touristes dans la région. Et par chance elle était presque prête à partir, avec à bord Andrea, une touriste allemande qui veut visiter quelques sites que je n'avais pas vus l'an dernier, à Kashan ou à proximité. Nous partageons donc ce taxi toute la journée.

J'ai revu avec plaisir les jardins Bagh-e Fin, avec leur superbe petit parc irrigué par de petits canaux et des fontaines alimentés sans aucune pompe.

Homayoun Shahjarian : "Eshgh az koja" (album Nasim-e vasl)

Hammam de Kashan.

Nous avons visité le hammam où Amir Kabir a été assassiné (je ne sais plus très bien qui était ce personnage, mais de nombreuses villes iraniennes ont un boulevard ou une place à son nom), et une des belles maisons historiques que je n'avais pas encore vues, la maison Borujerdi.

Une grande maison historique de Kashan. Je ne me souviens plus laquelle, elles sont toutes belles.

Plus que les multiples fioritures, ce qui m'impressionne dans ces grandes maisons traditionnelles, c'est le talent des architectes iraniens pour maintenir l'intérieur frais et aéré quand il fait chaud, voire très chaud, dehors.

Kashan. Encore une belle maison historique dans le cenre ancien.

Puis on s'est offert une petite virée dans le désert du Dasht-e Kavir.

Dasht-e Kavir entre Kashan et Marenjab

On a pu voir de près un petit troupeau de dromadaires près de Maranjab, et toutes seules comme des grandes, nous avons brillamment réussi à sortir la voiture du bout de piste où elle s'était ensablée.

Piste près de Maranjab. Au fond, lac salé sec et brume de chaleur

Puis retour en bus à Téhéran. Mes 2 hôtes tehéranis Ali et Delila ont été vraiment épatants : ils se sont arrangés pour que je puisse récupérer tout mon barda et ma nouvelle CB au même endroit... Ça tombe bien, puisque cette nouvelle CB, qui remplace celle piratée à Istanbul, me permettra d'attendre les 2 nouvelles CB qui vont remplacer celles qui étaient dans la pochette porte-monnaie que je me suis fait faucher à Téhéran. Il ne me restera plus qu'à trouver un distributeur qui marche à Ashkabad... si le Turkménistan m'autorise à passer par Ashkabad.

Maranjab. On écrit avec les doigts de pied dans le sable chaud, la guide en alphabet latin et moi en alphabet persan

28 avr. 2015

Petite escapade sans vélo

Abyaneh

Je me suis échappée de Téhéran en abandonnant mon vélo chez un de mes hôtes. J'ai fait en bus puis en savari un bout de route que j'avais faite à vélo l'an dernier, de Kashan à Abyaneh.

Siavash Ghomayshi : "Goli Jan"

Abyaneh. En tenue traditionnelle sur le seuil d'une boutique J'ai revu en passant le grand centre de centrifugation d'uranium de Natanz, mais depuis un taxi sur l'autoroute, on voit beaucoup moins bien l'entrée du centre et les nombreuses batteries de lance-missiles sol-air qu' en passant à vélo sur l'ancienne route.

Autres différences induites par le mode de transport : cette fois je n'ai pas été contrôlée 4 fois en 20 km avec fouille complète des bagages au dernier point de contrôle (un pasdaran avait vérifié que je n'avais pas pris de photos), et j'ai dû payer un ticket d'entrée pour accéder au village d'Abyaneh.

Abyanei

Abyaneh est un pittoresque village de montagne aux façades en terre rouge, où les vieux du village portent une tenue traditionnelle particulière (robe aux couleurs vives et fichu à fleurs pour les femmes, larges pantalons pattes d'éléphant pour les hommes).

Boulangerie d'Abyaneh. Tandoor e nan.

J'ai rendu visite à Sharareh, que j'avais rencontrée l'an dernier. Sharareh et son mari Saeed ont décidé il y a 12 ans de quitter une vie confortable dans les quartiers nord de Téhéran pour venir élever leurs 2 enfants à l'air pur, dans une vieille maison où il n'y avait initialement même pas l'eau courante. Le village n'était pas seulement à l'abri de la pollution, il était aussi bien plus calme : les habitants ont toujours refusé, même pendant la période la plus dure de la Révolution Islamique, qu'un poste de police ou de "Gardiens de la Révolution" s'installe à Abyanaeh.

Cour de la petite école d'Abyaneh. Une classe mixte, et les filles jouent au foot pendant la récré.

Sharareh et Saeed retourneront habiter Téhéran l'an prochain car leur aîné va rentrer au collège. Sharareh constate avec regret qu'Abyaneh se vide progressivement. Le week-end il y a plus de touristes que d'habitants, et il n'y a plus que 9 enfants à l'école du village.

Leçon de calcul dans la petite école d'Abyaneh

23 avr. 2015

Alborz 4 et Caspienne bis

Rastak : "Sanin yadgarin" (album Miane Khorshidhaye Hamishe)

La végétation change vite en descendant vers la Caspienne La végétation dans la région du Mazandaran devient de plus en plus verte et épaisse à mesure qu'on s'approche de la Caspienne.

Mazandaran. Un peu en amont de Kyasar.

En 2 ou 3 journées de vélo, on passe du désert à une forêt touffue et même aux rizières.

Mazandaran. Près de Sari (côte Caspienne)

Température et hygrométrie varient beaucoup lors de ce parcours.

Approche de la côte Caspienne. Rizières peu avant Sari.

Damavand (5630m) vu de Téhéran, un matin sans smogg Entre l'effet de la Caspiennne et celui de l'altitude, j'ai souvent des écarts de 20 degrés au cours d'une même journée. Y compris avec un bel exemple d'inversion en descendant de Kyasar (1200m, 33°C à 11 h du matin) à Sari (bord de mer brumeux, 16°C deux heures plus tard).

Mon 4ème passage de la ligne de partage des eaux Caspienne / Golfe Persique, je l'ai fait dans un bus Sari - Téhéran, et en grande partie de nuit. Je n'ai donc pas vu de près le Damavand, point culminant de l'Iran, que j'avais aperçu depuis Téhéran un matin où l'air était plus clair que d'habitude.

Badab e Surt

Badab e Surt, arrivée en milieu d'après-midi

Badab e Surt est un site produit par les dépôts d'une source d'eau gazeuse, tiède et ferrugineuse. C'est perdu en haut d'une vallée accessible par une piste non asphaltée, avec 2 km de "poussage" du vélo en fin de parcours. Mais ça vaut le coup de transpirer un peu pour voir ça.

Badab e Surt. Après-midi.

J'y suis restée presque une journée complète pour profiter des éclairages au coucher et au lever du soleil (oui, j'ai utilisé la fonction "alarme" de mon téléphone mobile).

Badab e Surt en début d'après-midi. Touristes iraniens.

J'espérais pouvoir profiter du site désert le soir pour faire ma toilette à l'eau gazeuse mais en fin de journée il y avait un petit vent frais, et surtout, j'avais des voisins.

Mohsen Chavoshi : "Shirmarda", album Man khodeh aan sizdaham

Badab e Surt.Détail.

Ali et Milad sont montés de Téhéran en 4x4, m'ont aimablement demandé si je n'étais pas gênée par le son de leur autoradio, et m'ont invitée à partager une soirée agrémentée par diverses substances illicites, dont une vodka à la framboise faite maison pas mauvaise du tout.

Badab e Surt. Tôt le matin.

Les loups du Mazandaran

Figurez-vous que les loups m'ont gâché un bivouac et que j'ai failli passer une nuit à un poste de police...

Trio Chemirani + O.de Suza : "Flamenco mar"

Vallée d'Orost, Alborz central.

En effet, 2 ou 3 petits cols après le bivouac précédent, je suis arrivée en fin d'après-midi à la bifurcation conduisant vers Badab e Surt, but de mon excursion. A ce carrefour, en entrée de village, la police a installé un barrage, et vu l'heure tardive, le flic de service ne veut pas me laisser m'engager sur la route transverse. Il s'efforce de m'expliquer que c'est dangereux de bivouaquer dans la montagne environnante à cause des loups. Je fais semblant de ne pas comprendre, bien que ce brave policier était très suggestif quand il mimait le loup. Mais le policier insiste : il arrête les voitures jusqu'à en trouver une avec des Iraniens anglophones à bord, et leur demande de me traduire ce qu'il me disait.

Un village de la vallée d'Orost, province du Mazandaran

Me voilà bien embêtée : je ne crains pas les loups (quand bien même il y en aurait, il y a suffisamment de moutons en alpage pour subvenir à leurs besoins) mais je ne sais pas si je peux passer outre la consigne du policier pour aller bivouaquer dans la jolie vallée qui me fait envie.

Vallée d'Orost

Dans le doute, j'obtempère, et je monte ma tente dans l'abri en tôle désigné par le policier, entre la route et la caserne.

Mais à peine ai-je fini de gonfler mon matelas qu'un autre policier, plus jeune et parlant anglais, vient me dire que cet endroit n'est pas très agréable (là, je suis assez d'accord), et que je serais mieux dans la maison de la famille du mécanicien qui m'attend là avec sa camionnette.

Kordmir, petit village du Mazandaran

Je plie donc rapidement mon campement et Massi m'embarque jusqu'au hameau voisin Kordmir, où sa famille (sa mère, sa femme, sa fille de 3 ans, et ses 4 frères et sœur) m'accueille chaleureusement.

Le frère cadet de Massi.

La conversation est limitée : personne dans la famille ne parle vraiment anglais, mais Abolfazl, le frère cadet de mon hôte, sort un petit dictionnaire persan/anglais et on arrive à communiquer en combinant des mots-clé. C'est assez ludique.

Alborz 3

Ajam, Mehdi Boostani & Tannaz Zand : "Dare vaz kon"

Semnan, centre ancien

Maison historique dans le centre de Semnan. La famille de Farnoush m'a retenue une journée complète à Semnan pour me faire visiter la vieille ville.

Il reste à Semnan quelques anciennes maisons de notables à l'architecture typique des "villes du désert", avec les pièces d'été au niveau inférieur, des qanats (canaux souterrains ) et des badgirs (tours-cheminées captant ou génèrant des courants d'air).

J'ai ensuite été conviée à un délicieux repas familial chez la sœur de mon hôte. Il y avait du fesenjan, spécialité à base de poulet mijoté avec noix et grenade, et un délicieux dessert genre flanc très parfumé. La journée s'est terminée par un copieux thé (avec petits gâteaux...) chez son cousin.

Sortie nord de Semnan.

Le lendemain, je suis repartie pour 1200 m de montée : j'ai franchi une 3ème fois la ligne de partage des eaux entre Golfe Persique et mer Caspienne, par un col à 2400m dont je chercherai le nom. Route peu fréquentée, paysages variés, et plein de coins tranquilles pour bivouaquer. J'en ai choisi un tapissé de petites touffes d'absinthe, ça sentait bon. Il ne manquait que l'eau courante pour en faire un site de bivouac ***.

Un peu au nord de la ligne de partage des eaux

Si vous avez suivi attentivement les épisodes précédents, vous pouvez en déduire que je franchirai finalement 5 fois cette ligne de partage des eaux : la 4ème fois, pour retourner chercher mon visa ouzbek à Téhéran, et une 5ème fois quand je passerai d'Iran au Turkménistan.

16 avr. 2015

Téhéran - Semnan

La nouvelle du jour, c'est que j'ai traversé Téhéran à vélo et que c'était super !

Vali Asr nord

Vali Asr sud, gare de Téhéran En effet pour aller de l'hôtel où Delila m'avait déposée (parce qu'elle hébergeait d'autres invités pendant ma dernière nuit à Téhéran) à la gare, j'ai juste eu à me laisser rouler le long de Vali Asr, la plus longue avenue du Proche-Orient : 16 km, 300m de dénivelé descendant, et, cerise sur le gateau, dans un couloir bus tout le long.

Le couloir bus était encombré dans son tronçon central, et il y avait 2-3 gros giratoires, mais globalement c'était facile.

A la gare, on a commencé par me dire que le train Téhéran - Semnan n'avait pas de place pour les vélos mais tout s'est arrangé sans trop de difficulté.

Chaartaar : "Ghataar", album Baraan toee

J'ai donc pu embarquer dans un beau train tout neuf à 2 niveaux. A bord, un agent des RAJA (la SNCF iranienne) s'occupe de nous abreuver en eau, thé ou nescafé. Bon rapport qualité/prix : à peu près 3 € les 180 km.

Hall des départs, gare de Téhéran

J'ai été impressionnée par un nouveau changement de climat assez brutal : dès qu'on s'écarte un peu de Téhéran par le sud ou l'est, on arrive dans le désert du Dasht e Kavir.

Confins du Dasht e Kavir

Dôme du mausolée de la grande mosquée de Semnan A Semnan j'ai été invitée par l'étudiante en génie électrique qui avait la place juste à côté de moi dans le train. Elle voulait me présenter à sa tante et son oncle, qui enseignent l'anglais.

Au cours du repas familial, on m'a appris que Semnan revendique d'avoir les meilleures aubergines d'Iran. Le qashk e bademjan (spécialité à base d'aubergines, fromage, noix et herbes) était en effet particulièrement savoureux.

Tchaï et autres distractions

Ali Zand Vakili : "Shabhaye Tehran", album Yadi be range emrooz

Les Iraniens aiment bien grignoter avec le thé, ou prendre un thé quand ils grignotent. Il existe de nombreuses sucreries, en géneral très parfumées (pistache, rose, safran, cardamome, cannelle,...) mais on peut aussi opter pour du grignotage plus diététique : on sert souvent des fruits frais avec le thé.

Coupe de fruits Et même si vous n'avez pas assez faim pour une orange ou une pomme entière, vous aurez du mal à refuser des morceaux de fruits que vos hôtes découpent pendant que le thé infuse... La coupe de fruits inclut souvent de petits concombres, c'est rafraichissant.

Amandes vertes

En avril-mai, on peut aussi grignoter des amandes vertes encore tendres, qu'on mange entières avec un peu de sel.

Sabzi et amandes vertes Un autre truc qu'on aime bien en Iran, c'est grignoter du sabzi, c'est-à-dire des herbes fraîches, avec le repas : persil, coriandre, basilic, menthe, ciboulette, roquette, poireau, aneth, cèleri,.... sont servis mélangés sur un plateau en même temps que les autres plats.

Square Vali Asr. Joueurs d'échecs.

Enfin, je n'ai pas fait que manger et traîner dans les consulats à Téhéran, quand même. J'ai flâné un peu, en particulier aux abords du square Vali Asr, où les joueurs d'échecs font des parties à une vitesse impressionante. Au fait, le nom allemand et russe des échecs, ça vient du shah de Perse.

Le long d'une rue piétonne face au bazar central de Téhéran

Et bien sûr j'ai aussi flâné au grand bazar de Téhéran, très animé.

Marchand d'oiseaux devant le bazar central de Téhéran

Pas plus de choix qu'à Ispahan, mais le rapport qualité/prix des tapis y est plus intéressant. Avis aux amateurs : si vous voulez passer une commande, je repasserai à Téhéran dans 1 semaine pour récupérer mon visa ouzbek.

Tapis qashqay En attendant, je vais décrocher un peu du wifi et aller visiter Badab e Surt, dans les montagnes entre Téhéran et Gorgan.

13 avr. 2015

Etape 1 : prolongation du visa iranien

Darband, un quartier touristique au nord de Téhéran Tous les services auxquels j'ai affaire sont ouverts seulement le matin, et sont dispersés dans Téhéran, une ville où on perd pas mal de temps en transports. Et ils ne sont pas toujours très proches d'une station de métro. Je dois donc enchaîner les étapes l'une après l'autre, matin après matin, en attendant que l'administration N me rende mon passeport avec un tampon supplémentaire, pour le déposer à l'administration N+1. L'après-midi je peux buller, faire du tourisme et pondre des pages de blog.

Hijab normal Pour la première étape, la prolongation du visa iranien, mon hôte Delila m'a bien aidée. Elle m'a conduite au Ministére des Affaires Etrangéres qui nous a envoyées à la mauvaise adresse, puis à la bonne (voir mise à jour dans la page "Visas et permis : adresses"). Delila m'a menée rapidement au bon bureau puis aux bons guichets, dont le gars sur le trottoir qui vend 350 000 rials les coupons-reçus de 300 000 rials de la Melli Bank (soit 1,4€ de commission pour nous éviter de courir jusqu'à la banque je ne sais où), et le très folklorique guichet "photoshop".

Hijab-Photoshop En effet, à Téhéran, le chef du service exige des photos d'identité avec hijab pour les femmes. Mais pas de souci : à l'entrée de la salle d'attente, une fonctionnaire passe son temps à copier-coller des capuches-photoshop sur les photos d'identité normales avec son ordi + scanner, et les imprime pour la modique somme de 90 000 rials (2,6€) les 6 photos islamiquement correctes.

C'est nettement moins sexy que les écharpes élégamment portées aussi en arrière que possible qu'on voit dans les rues... Mais c'est rigolo. Ce qui est moins drôle, c'est qu'ils gardent mon passeport 48 h pour traiter mon dossier, alors que j'en ai besoin pour la suite (retrait de la lettre du consulat de France pour le consulat d'Ouzbékistan).

Elegante citadine iranienne

Ey Iran

A Darband, site touristique de la banlieue nord de Téhéran Ce chant patriotique "Ey Iran", très populaire en Iran et dans la diaspora iranienne, aurait pu devenir l'hymne national iranien après la chute du Shah, mais les ayatollahs en ont décidé autrement.




En voici une version rajeunie par un groupe italo-iranien (cliquer sur l'annexe si ça ne marche pas ci-dessous).



Dia & Imaan Faith : "Ey Iran"

... et une autre version que j'aime bien aussi, proposée par un des artistes que mon hôte Delila m'a fait découvrir : Ali Zand Vakili, qui interprète ce tube avec Mohammad Zand Vakili et un orchestre traditionnel iranien.

Zand Band : "Ey Iran"

Les variations s'inspirent du folklore de différentes régions d'Iran.

Les photos-souvenir au smartphone sont très populaires en Iran.

11 avr. 2015

Arrivée à Téhéran

Pour éviter les voies express monstrueuses (enfin, pour un vélo) de Téhéran, j'ai pris un bus à Karaj, à une quarantaine de km de Téhéran ; puis un taxi du terminal Azadi jusqu'à l'immeuble de mon hôte, une Iranienne que j'avais rencontrée à Abyaneh l'an dernier.

Téhéran. Voies express vues du parc Ob-e Atash

Siavash Ghomayshi : "Tehran"

Téhéran Elahyeh

C'était en fait un autocar longue distance dont une partie des passagers sont descendus à Karaj ; le conducteur m'a proposé de prendre gratuitement une des places libres. Mais à mi-chemin, sur l'autoroute 2x5 voies, le bus est tombé en panne. Les passagers sans vélo ont tous fini leur trajet en stop pendant que le chauffeur et son assistant changeaient la courroie de distribution.

Téheran. Bagh Ob e atash

Pour entrer dans Téhéran, j'avais donc le bus "VIP" Peyman Iran, son chauffeur Reza et son assistant Hamid pour moi toute seule. Ils m'ont servi le thé à bord et ont discuté le prix du taxi pour moi à l'arrivée.

Quartiers nord de Téhéran. La montagne toute proche est encore enneigée. Téhéran n'est que la dernière des capitales d'Iran, après Persepolis, Suse, Hamedan, Shiraz, Tabriz, Ispahan, Mashhad, Nishapur, Ardabil et j'en oublie sûrement. Mais c'est devenu une ville énorme sillonnée par des voies express. J'abandonnerai mon vélo dans le garage de mon hôte. Et moi, je crèche au 6ème étage d'une tour assez chic dans les quartiers nord.

Au menu des jours qui viennent : corvées administratives. Je dois prolonger mon visa iranien (le temps passe vite en voyage...), puis obtenir mes visas ouzbek et turkmène.

10 avr. 2015

Alborz central

Ali Gerayli : "Kija amirkelaie" (chant mazandarani)

Vue sur les gorges de Chalus et le lac de barrage inférieur

La route Chalus - Téhéran est une belle route, mais ce n'est pas un paradis pour cyclotouristes.

Marzanabad, dernier village avant les gorges de Chalus

Coin à pique-nique vers Marzan Abad

Il y a pas mal de circulation, et très peu de coins propices au bivouac en amont de Marzanabad, où malgré ma faible vitesse et mon départ pas très matinal, je suis arrivée trop tôt pour bivouaquer dans les prairies boisées.

A la sortie de Marzanabad

Plus haut dans les gorges, les seuls coins possibles pour camper étaient les terrasses de bistrots ou les parvis de mosquée au bord de la route.

Alborz central. Route Chalus - Téhéran

Pas génial, mais au moins j'avais des WC avec douchette (ah, ça, ça va me manquer en Asie centrale).

Route Chalus-Teheran, bivouac typique

La route serpente longuement (2600m de dénivelé) dans des gorges ou vallées encaissées. Le changement de végétation et de climat est moins marqué et plus progressif dans la province du Mazandaran qu'entre les provinces d'Ardabil et Gilan.

Alborz, descente sur Téhéran

Et j'ai eu beaucoup de chance : 4 jours sans pluie depuis ma descente froide et humide côté Gilan ! L'orage a gentiment attendu mon arrivée à Téhéran.

7 avr. 2015

Darya ye Khazar

Darya, c'est la mer. Darya ye Khazar est le nom persan de la Caspienne. Darya ye Khazar

Les géologues considèrent que la Caspienne est une ancienne mer devenue lac ; son statut juridique est contesté par certains Etats riverains (je ne sais plus lesquels, parmi Iran, Azerbaidjan, Russie, Kazakhstan et Turkmenistan).

Mer Caspienne, Chalous. Pêcheur relevant ses filets

Ce statut de mer ou de lac change, entre autres, les règles de répartition des eaux territoriales, et donc du pétrole qui est en-dessous...

Côte Caspienne

On m'avait prévenue que la côte est plate et bétonnée quasiment tout le long.

Centre-ville de Rasht entre 2 averses

J'ai donc préféré faire ce tronçon Rasht-Chalus en bus, sans regret, même si les Iraniens ont un peu de mal à comprendre que les cyclo-voyageurs zappent ces tronçons touristiques et font à vélo les tronçons "trop durs". Parce qu'après Rasht-Chalus, je vais devoir franchir de nouveau la barrière de l'Alborz, avec 2600m de montée côté humide.

Bus Rasht-Chalous

Googoosh : "Ki midoone chi pish miad"

Googoosh dans les années 70 Dans le bus, le chauffeur avait mis des chansons de Googoosh, une star avant la Révolution islamique (cliquer ci-dessus ou essayer de lire le fichier en annexe). Depuis l'arrivée au pouvoir des ayatollahs, après une longue retraite forcée, elle a fini par s'exiler et faire carrière à l'étranger. Elle est restée très populaire en Iran, et bien sûr dans la diaspora iranienne.

Mon hôte motard talysh

En franchissant la crête ouest de l'Alborz, on ne passe pas seulement des hauts-plateaux secs et continentaux à un littoral tempéré et humide, à la limite presque subtropical.

Rizière, province de Gilan

On passe aussi de l'Iran turcophone à l'Iran persanophone, ou presque : j'ai été hébergée par une famille talysh.

Rastak : "Ra'na" (chant gilaki), album Hameye Aghvame Man

Erfan, ses parents et sa grand-mère Alors que je venais d'arriver en même temps que la nuit à Punel, un motard me voyant arrêtée au bord de la route m'a dit qu'il y avait un petit hôtel un peu plus loin à droite, mais que je pouvais venir chez lui. Détail : il habitait "pas loin", sur ma route, mais à une vingtaine de kilomètres de là. Et comme j'allais lentement et que sa petite famille l'attendait pour dîner, il a commencé par me tendre la main pour me tirer. La technique s'avérant moyennement satisfaisante, il a fini par se caler juste derrière moi pour pousser le vélo par les sacoches arrière. C'était nettement mieux. Enfin, faut quand même avoir un vélo avec une direction bien stable et des fixations de sacoches solides : merci Cycles Cattin et Ortlieb...

J'ai été invitée à me restaurer dès mon arrivée chez la grand-mère, puis j'ai pris le thé et une bonne douche chez eux. Ca les a amusés à la fin du repas quand je les ai remercié pour ce bon repas... en azéri.

6 avr. 2015

Barrière climatique de l'Alborz

Minarets de la mosquée de Khalkhal Pas le temps de sombrer dans la mélancolie après mon petit séjour chez mes amis ardabilis : l'étape suivante était intéressante et vivifiante.

J'ai pris un savari (taxi partagé iranien) jusqu'à Khalkhal. Au départ d'Ardabil, le conducteur m'a rendu une petite partie du prix que j'avais payé quand j'ai proposé à une vieille dame de prendre la place de devant. C'est ainsi que j'ai appris non pas que la place avant était proposée aux invités comme moi (ça, je savais déjà), mais qu'elle était facturée un petit peu plus cher que les places arrière...



Hayedeh : "Saghar hasti"

Vendeur de sabzi sur le marché de Khalkhal

Puis je suis montée à vélo jusqu'à 2 cols voisins,

Petit détour par un plus de 2000. Col juste au sud de Khalkhal

dont celui à 2230m qui était vraiment sur ma route, avant de plonger vers la Caspienne (-30m). Je n'avais encore jamais rencontré un changement climatique aussi brutal.

Côté Ardabil, bel après-midi ensoleillé et paysage semi-aride.

Khalkhal - Kolur

Premières plaques de neige juste avant le col, face au sommet de la mer de nuages.

Col 2230m. Prêts pour le plongeon dans l'eau froide?

Côté Gilan, épais brouillard givrant.

Premiers virages de la descente vers la Caspienne.

En guère plus de 1 km, à altitude égale, la température est passée de +23 à -2 degrés, et l'épaisseur des moraines de neige de presque rien à près de 2 m...

Ceci n'est pas une burqa !

Et plus bas, herbe verte et forêt, mais je n'ai pas pris de photo avec le smartphone parce que j'avais froid aux doigts. J'ai juste 2-3 photos dans le vrai appareil, que je peux manipuler avec gants...

Gilan. Descente de Khalkhal vers Punel.

5 avr. 2015

Ardabil

Ardabil, cheikh Safi-al-Din khanegah

Devanture à Sareyn, station thermale proche d'Ardabil Les pauses se suivent mais ne se ressemblent pas. Il y a peu de touristes étrangers à Ardabil et généralement ils ne font que passer. J'y suis restée plus longtemps que "prévu", juste parce que j'étais tellement bien chez mes hôtes...

Je n'ai pas seulement été nourrie, logée, blanchie. Le frère et le beau-frère de mon hôte m'ont gratifiée d'un petit concert privé le soir de mon arrivée, et nous avons beaucoup discuté.

J'ai passé des moments inoubliables avec eux, chez eux, chez leurs parents, à la station thermale de Sareyn (sources chaudes, sauna, hammam...), et le long de la route d'Heyran, entre Ardabil et la Caspienne.



Dang Show : "Halva", album Dang Show Room

Heyran. Vue plongeante sur la Caspienne.

Ils m'ont demandé de ne pas les citer, et de ne pas publier (et même d'effacer ou de planquer) mes photos permettant de les identifier, car pour héberger des étrangers, il faut théoriquement faire une déclaration préalable à la police. C'est tellement contraire à la tradition d'hospitalité des Iraniens qu'absolument personne ne respecte cette règle, mais mes hôtes font partie d'une catégorie plus surveillée que la moyenne de la population. Un grand merci à mes bienfaiteurs "anonymes"...

Ardabil. Abords du sanctuaire Cheikh Safi-al-Din

Ils changeaient de téléphone ou de carte SIM pour une partie de leurs communications. Je ne leur demandais pas pourquoi, je m'en doutais un peu. Avec une politesse toute persane, peu avant que je les quitte, mes hôtes se sont excusés de paraître "un peu paranoïaques", et m'ont expliqué qu'un de leurs proches était en prison depuis peu. "Simple" prisonnier politique ou accusé d'intelligence avec le Grand Satan, ils ne savaient pas précisément.

Une allée du bazar d'Ardabil, un jour férié (Sizda bedar).

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