6 août 2020

Déménagement, petits changements techniques

Mon ex hébergeur ayant modifié sa plate-forme technique et sa grille tarifaire, fin juin j'ai transféré mes 2 blogs (celui-ci, et blog.zamir.fr) chez un autre hébergeur. Je pensais que ce serait une simple formalité, mais c'était sans compter les dégâts collatéraux induits par la non-standardisation et l'obsolescence programmée...

Après avoir transféré mes données brutes, j'ai cafouillé dans l'installation du CMS Dotclear, et pour éviter d'y passer des jours et des nuits, j'ai fait appel à Webodrey, une toute petite agence "webmaster freelance" qui dépanne volontiers de tous petits clients. Alors voilà, c'est réparé maintenant, avec une interface un peu plus récente et sécurisée pour moi, le rédacteur.

Khiva, la vieille ville. Itchon kala vue du bastion Konya kala

Il reste quelques imperfections qui peuvent dépendre, entre autres, de votre navigateur, de votre écran, ou de paramètres que je n'ai pas réglés correctement dans les formats d'affichage...

En particulier, j'ai eu des soucis avec les fichiers audio. Par défaut chez mon ex hébergeur, ils apparaissaient sous forme d' "animation Flash", donc si votre navigateur n'avait pas de module Adobe Flash Player, téléchargeable ici get.adobe.com/fr/flashplayer , ceci ne fonctionnait pas :

Ivan Kupala: "Росы", album Радио Награ

J'avais ajouté les fichiers audio mp3 en annexe, mais là encore, selon les navigateurs, ça n'est pas forcément pratique ou même simplement opérationnel. Alors, Webodrey m'a proposé une solution possible en code HTML, c'est mieux :

Ivan Kupala : "Росы", album Радио Награ

Pour les photos, un progrès : comme précédemment, si avec votre souris vous passez sur une photo, sa légende s'affiche ; enfin, avec un ordinateur, parce que ça ne marche pas avec les écrans tactiles des tablettes ou smartphones. Nouveauté : le zoom optimisé ! Si vous cliquez sur la photo, elle s'affichera automatiquement en aussi haute définition et grand format que possible, compte tenu des tailles de mon fichier et de votre écran :-)

Beau bivouac entre le col Ak Baytal et le lac Karakul

Par contre, pour visualiser la photo suivante, vous devez fermer la précédente et aller cliquer sur la suivante. Pour faire défiler un diaporama optimisé, il faudra attendre que j'ajoute, éventuellement, des galeries photo dans certaines pages.

24 juin 2019

Ma prochaine destination

Ce n’est pas…

Ses habitants étaient des nomades cavaliers pratiquant la chasse à l’aigle et le chant de gorge diphonique, mais ce n’est pas la Mongolie.

Kerwan : "Kөшпендилер"

Drapeau du -stan C’est un grand exportateur de pétrole et de gaz, mais ce n’est pas un pays du Golfe Persique. C’est un pays à cheval sur 2 continents et où on parle russe, mais ce n’est pas la Russie. C’est un pays turcophone à cheval sur 2 continents, mais ce n’est pas la Turquie.

C’est…

un pays en –stan qui manque encore à ma collection, et le plus grand d'entre eux. C'est la terre natale des premières pommes. C’ est le premier producteur mondial d’uranium.

Khan Tengri. L'arrête de marbre en fin d'après-midi, vue du glacier Diki

En altitude, il s’étale de -132 m à +7010 m. Je verrai peut-être la face nord du point culminant, mais probablement pas de cavaliers dresseurs d’aigles : il en reste dans le nord-est du pays, mais cette fois je visiterai seulement le sud-est ( le pays est grand comme 5 fois la France ).

L’avez-vous reconnu ?

La suite sera là : blog.zamir.fr

28 août 2015

Le jour le plus long

En différé, la dernière étape, celle du 18 août.

Aujourd'hui j'ai une journée de 28 h. Osh.Aéroport à 02:30 heure locale

Le policier qui surveillait l'embarquement a exigé que j'efface la photo de mon avion sur le tarmac : Аэрофлот ou Türk Hava Yolları ?

Et une courte nuit plus tard, je suis en train de prendre mon deuxième petit-déj à la terrasse d' une bonne patisserie - salon de thé au centre-ville pendant mon escale. La même que celle où j'avais pris un savoureux petit-déj' en arrivant de Sofia à l'aller, il y a bientôt 6 mois.

Burhan Öçal : "Bugu jazz"

Istanbul, quartier de la gare Sirkeci. La boucle est bouclée

Istanbul, la boucle est bouclée, après environ 5000 km en train, 6000 km à vélo, une vingtaine de cols à plus de 2000m dont 6 à + de 4000, avec la satisfaction d'avoir retrouvé "mon poids de forme" et un VO2max bien amélioré. Et surtout des dizaines de haltes chez des habitants qui m'ont ouvert leur porte et parfois bien plus.

27 août 2015

Des alpages aux containers. Arrivée à Osh.

Yourtes et roulottes dans la descente du col Taldyk Après les 3 cols "40 ans du Kyrgyzstan" (3550m), Taldyk (3615m) et Chyrtchyk (2388m), il n'y a plus qu'une longue descente en pente douce pour arriver à Osh.

On commence par rouler dans des alpages où les coins de bivouac *** ne manquent pas, mais il faut parfois les partager avec des yourtes, et donc courir le risque de boire le kymyz (lait de jument fermenté dans des outres en plein soleil).

Entre Gultcha et le col Chyrtchyk. Route kyrgyze typique.

Ordo Sakhna: "Эсиндеби"

Les troupeaux de chevaux, vaches, moutons et chèvres ont remplacé les yaks. Puis viennent les villages agricoles, avec des arbres fruitiers (surtout pommiers et abricotiers).

Vallée de la rivière Gultcha

Ces dernières journées de route sont jolies. La vallée de Gultcha est très colorée.

Camions de charbon dans la vallée de Gultcha

La route est bonne, faut juste se réhabituer à la chaleur, et à ne pas rouler au milieu car il y a plus de circulation que dans le Pamir. Et retenir sa respiration quand on est doublés par des camions de charbon, pour ne pas avaler trop de poussière...

Chyrtchyk, dernier col du voyage.
Jeunes kyrgyzes portant fièrement leur ak kalpak Au sommet du dernier col, un chauffeur de marshroutka m'a offert 2 succulentes pêches blanches que j'ai avalées dès qu'il a eu le dos tourné, et un pain que j'ai à peine goûté car il m'en restait encore un sur les 2 que Baboy m'avait donnés au col Uy Buluq...

Arrivée dans les faubourgs d'Osh. Fruits et légumes à gogo !

Enfin, un peu avant Osh, on roule entre 2 rangées de stands de fruits et légumes: tomates, concombres, melons, pastèques, abricots, pêches,...

Tapchan en terrasse d'un restaurant d'Osh

A Osh, j'ai commencé par faire une sieste géante dans une des guesthouses recommandées par des cyclo-voyageurs croisés dans le Pamir, puis j'ai visité des restaurants, le parc, et le bazar.

Le bazar d'Osh et ses containers

Beaux containers du bazar d'Osh Etonnant : le bazar est un énorme empilement de containers qui servent de boutiques. Je n'en avais encore jamais vu autant à la fois, sur 2 étages !

Bazar d'Osh, haut lieu de la récup de containers.

Le coin des joueurs d'échec dans le parc central d'Osh Une allée du bazar concentre les containers de souvenirs et divers produits artisanaux typiquement kyrgyzes, en particulier des objets en feutre (couvre-chef, tapis, chaussons,...). On y trouve aussi des instruments de musique traditionnels, dont un instrument à percussion en bois qui imite le bruit des sabots de cheval.

Instruments traditionnels kyrgyzes. Avec l'aide de ma voisine de chambre Monica, une cycliste roumaine qui termine son voyage au Kyrgyzstan en marshroutka suite à la rupture de son porte-bagages, je récupère au bazar quelques cartons pour emballer mon vélo.

Voilà, j'ai encore un énorme stock de photos à trier et des souvenirs plein la tête. Demain, je prends l'avion à Osh. Mes grandes vacances sur la route de la soie sont terminées...

26 août 2015

Petit palier de recompression

Vallée entre Kyzyl Art et Sary Tash

Tampons de la police sur mon passeport faisant foi, je suis sortie du Tadjikistan le 8 août et entrée au Kyrgyzstan le 9 ! On peut bivouaquer entre les 2 postes frontière, distants d'une vingtaine de km, ou même loger chez Taalaybek, le cantonnier : il dispose d'une modeste maison de fonction juste à coté du premier poste de contrôle des passeports côté kyrgyze du col.

Descente du Kyzyl Art sur Sary Tash. Fin de la piste, place à la route !

Asylbek Ozubekov : "Күкүк"

Touffes d'edelweiss dans les prés La descente vers la large vallée de Sary Tash (altitude 3100m) est très belle, et on a le plaisir de revoir et de humer progressivement de l'herbe, des fleurs (plein d'edelweiss ! ) et des plantes aromatiques, des yourtes et des troupeaux, et des arbustes (des génévriers). Ca fait du bien.

Alpages entre Sary Tash et Sary Mogol

Pour les arbres fruitiers (pommiers et abricotiers), il faudra attendre d'avoir passé un dernier col à 3600m entre Sary Tash et Gultcha.

Sary Tash. Au fond, le Pamir tadjik.

Mais au petit restau le long de la route à l'entrée de Sary Tash, j'ai pu dévorer du poulet rôti et une salade tomate-concombre.

Sary Mogol. Coucher de soleil sur le Pamir Alaï.

Et c'était encore mieux au homestay Abdumalik à Sary Mogol, où je me suis reposée une journée complète : une soupe aux petits pois avant les macaronis, et de la confiture d'abricots au petit-déj !

Pic Lénine (7134m) vu de Sary Mogol (3000m).

Par contre, j'ai bien failli ne pas voir le pic Lénine (7134m) : le brouillard ne s'est dissipé qu'au moment où je repartais.

Plateau entre Sary Tash et Sary Mogol. Pik Lenin.

Enfin, derniers cols, et j'en ai même eu 3 pour le prix de 2 : le "petit" col à 3550m avant le Taldyk (3615m) porte maintenant officiellement un nom, signalé par un beau panneau à la gloire des 40 ans (??) du Kyrgyzstan.

Alpages près du col Taldyk

25 août 2015

Après moi le déluge

Zhugom : "Турд донд а джон зеб хид"

Pont frontalier d'Ishkashim et site du marché tadjiko-afghan

Maintenant que je suis sortie du Tadjikistan, je peux vous en dire un peu plus que ce que raconte le site officiel que vous avez très très bien fait de ne pas consulter : les "conseils aux voyageurs" du ministère des affaires étrangères semblent avoir pour principal but de vous inciter à rester cloîtrés en France pendant toutes vos vacances. C'en est une honte, à quel point ce site manque d'objectivité pour certains pays (en particulier l'Iran), et tarde tant à mettre en ligne des mises à jour quand un problème est réglé... Mais il y a quand même eu quelques perturbations dans le Badakhshan tadjik cet été.

Un affluent du Pyanj a emporté un pont côté afghan

Pont et poste-frontière fermé à Ishkashim. Comme la plupart des voyageurs, je serais bien allée faire une petite visite au marché transfrontalier tadjiko-afghan d'Ishkashim qui a habituellement lieu le samedi. Hélas lors de mon passage, un vendredi en début d'après-midi, le pont sur la rivière Pyandj était fermé et on m'a dit qu'il n'y aurait pas de marché.

J'ai appris un peu plus tard que cette fermeture faisait suite à un affrontement entre sunnites afghans et ismaëliens pamiris un précédent jour de marché il y a quelques semaines. Mais différentes explications ont circulé, difficile de savoir laquelle était la plus vraie... Ce qui est sûr, c'est qu'un petit groupe armé de talibans s'est installé à une cinquantaine de km à l'ouest de Khorog, au bord du lac Shiva.

Patrouille de garde-frontière dans le corridor de Wakhan

Garde-frontière revenant de la cueillette d'abricots Un peu plus en amont dans la vallée, une patrouille de garde-frontières m'a offert des abricots (mes derniers fruits frais pour 3 semaines), mais le lendemain matin, constatant que j'avais bivouaqué dans un champ avec une belle vue sur la rive afghane, le chef m'a expliqué qu'il ne voulait pas que des touristes bivouaquent à portée de fusil de l'Afghanistan. Parfois les patrouilles délogent les cyclo-campeurs, mais il y a suffisamment peu de soldats par km de route pour qu'on puisse la plupart du temps bivouaquer tranquilles et sans risque (les Talibans ne sont encore jamais arrivés à s'installer dans le corridor de Wakhan).

Région frontalière désertique entre Langar et Kargush. L'orage ne va pas tarder à passer de la rive afghane à la rive tadjike

Quelques jours plus tard, peu après Langar, j'ai rencontré une autre patrouille de garde-frontière dont l'officier était fort embarrassé : un de ses soldats avait disparu, sans bagages mais avec arme. Ce jeune officier m'a demandé si j'avais des jumelles, il m'a emprunté mon monoculaire quelques instants, a scruté les environs, et me l'a rendu en m'expliquant, l'air résigné, que s'il ne retrouvait pas son soldat, il irait au trou. Le lendemain matin, ils ratissaient encore le secteur à la recherche du soldat disparu.

Cantonnier tadjik dans un camion tout-terrain

Ensuite, j'aurais bien aimé revenir d'Alichur à Khorog en taxi collectif pour voir le festival international de folklore pamiri "Le toit du monde". Hélas, cet été le Gorno Badakhshan a été plus durement touché que les années "normales" par des inondations et glissements de terrain, car à la fonte des neiges et glaciers s'est ajoutée une quantité inhabituelle de pluie. La route M41 a été coupée en aval et en amont de Khorog : un pont cassé (mais assez rapidement réparé) près de Vanj, et un gros glissement de terrain près de Barsem, qui a coupé non seulement la route mais aussi le cours de la rivière Gunt, provoquant la formation d'un petit lac à la stabilité incertaine...

M41 à l'ouest d'Alichur : déviation, route coupée à 180 km

D'autres petites routes ou pistes transverses ont été coupées, et les passages de gué étaient parfois difficiles. J'ai rencontré des touristes tchèques dont le 4x4 est resté coincé une journée complète dans un gué au sud-est d'Alichur : ils ont marché jusqu'à la M41 pour demander le secours d'un camion.

Convoi de ravitaillement contournant la coupure de la M41 via Kargush

Des dizaines de maisons ont été endommagées et évacuées. Le président tadjik est venu se montrer à Khorog en hélicoptère et a décrété l'état d'urgence dans le GBAO. Du coup, le festival 2015 a été annulé. En fouillant sur le net, je découvre qu'il a finalement été reporté d'un mois, donc a eu lieu peu après mon retour en France. C'est un moindre mal.

Route M41 au nord-est de Murgab après les orages de début août Enfin, d'autres orages dans l'est du Pamir ont provoqué des glissements de terrain près de Rangkul et une rupture de pont près de Murgab. Le festival de jeux équestres At Chabysh de Murgab a lui aussi été annulé cette année.

Dernières étapes au Tadjikistan

Peu de trafic entre Murgab et la frontière. Ce sont souvent des camions chinois.

Après Karakul, il reste guère plus de 100 kilomètres à parcourir avant de quitter le Tadjikistan.

Abords du village de Karakul. Collecte de petit bois en side-car.

En fait, on le quitte progressivement, puisque depuis Alichur, la population — très clairsemée — est majoritairement kyrgyze.

Shantel : "Қош жылдыз"

Cimetière kyrgyze peu après Karakul

Rubarbe sauvage près du lac Karakul Plus que 2 cols au-dessus de 4000 m : Uy Buluq et Kyzyl Art. Je me déleste de mes derniers somonis tadjiks en les échangeant contre les derniers soms kyrgyzs de Gaël, un cyclo-voyageur français qui a travaillé 6 mois à Bishkek avant de reprendre la route en direction de Dushanbe, via le Pamir. On s'est croisés, et on est restés quelques minutes sur la route dans ce beau paysage désolé, pour échanger, outre nos quelques soms / somonis, nos impressions sur ce qu'on avait perçu des différences entre sunnites et chiites dans les pays où on avait séjourné. Avec une même conclusion : un jour ou l'autre, on aurait envie de revenir en Iran et dans le Pamir tadjik.

Entre Karakul et la vallée aride de Markansu, on longe de nouveau la longue clôture barbelée entre ex URSS et Chine

Je fais une autre rencontre surprenante peu après : je revois le grand cyclo-voyageur genevois Claude Marthaler, alias le Yak, que j'avais rencontré à Khorog, mais cette fois il est en voiture ! Il retourne à Murgab avec un caméraman de la RTS pour faire un reportage sur le festival de jeux équestres qui devrait s'y dérouler dans 2 jours.

Lac Karakul vu depuis la montée au Uy Buluq

Cycliste en tenue anti-coup-de-soleil Le premier col est presque facile, malgré un raidillon juste au nord du lac Karakul : il n'est qu'à 300 m plus haut que le lac, et la route est encore asphaltée. Presque, car dans mon sens de parcours, le vent dominant est de face et souffle bien fort... Le paysage commence à devenir vraiment très minéral, à l'exception d'un petit alpage assez vert juste au sommet du col Uy Buluq où je bivouaque sans le savoir à moins de 200 m d'un camion en panne.

Bivouac au col Uy Buluq, 4230 m. En contrebas, on devine la vallée aride de Markansu

Le lendemain matin, dernière rencontre tadjike : Baboy, le chauffeur du camion en rade après le virage suivant, vient me proposer le thé. Baboy et son camion en rade depuis 5 jours Il trouvait le temps long : il est là depuis 5 jours. Après la panne, quand il a constaté qu'il ne pouvait pas réparer, il a fait 4 km à pied car il savait qu'on captait de nouveau du réseau GSM un peu avant le lac Karakul, et depuis, il attend la livraison de pièces de rechange qui devraient arriver aujourd'hui par un autre camion. Baboy est un ex militaire en retraite. Il a servi en Afghanistan du temps où le Tadjikistan était soviétique, et continue à s'y rendre régulièrement pour livrer des marchandises en camion, car rester inactif chez lui l'ennuie. Quand je lui demande si ce n'est pas dangereux, il répond simplement "J'ai l'habitude". Il insiste pour m'offrir du pain (alors qu'il m'en reste), je le remercie en lui proposant une petite poignée de fruits secs, et il m'aide à pousser mon vélo dans le gué juste derrière le col.

Le tronçon de route entre Uy Buluq et Kyzyl Art est désertique et très dépaysant.

Large vallée désertique de entre les cols Uy Buluq et Kyzyl Art

De hautes montagnes aux roches colorées par divers minerais encadrent des fonds de vallées presque plats et assez larges.

Route M41 dans la vallée de Markansu. Vent tourbillonnant, mais surtout de face....

Le vent (encore de face) soulève poussière, sable et sel, et génère des mini-tornades qui se déplacent de part et d'autre de la route, laquelle redevient piste au moment de monter au Kyzyl Art (4280m).

Zone désertique entre Uy Buluq et Kyzyl Art, district de Murgab

Enfin, en fin d'après-midi, alors que je commençais à douter de pouvoir passer le Kyzyl Art avant la nuit, j'aperçois la ligne de crête de roche rouge qui annonce le col (kyzyl, en kyrgyze, c'est rouge) et j'arrive au poste frontière, puis à la frontière juste au col, 2 km plus haut. Mon dernier 4000. A la fois soulagée d'en finir avec la traversée des hauts plateaux du Pamir, et triste de quitter le Tadjikistan.

Kyzyl Art, 4282m. Dernières vues sur le Pamir tadjik

22 août 2015

Karakul, le lac noir turquoise

Entre Ak Baïtal et Karakul

Asankan Jumakmatov : "Кыргыз оймолору"

Traces de yourtes au pied du col Ak-Baïtal

A partir de la descente du col Ak Baytal sur Karakul, j'ai enfin eu du beau temps ! Et les paysages étaient grandioses.

Pic Muzkol (6129m) vu depuis la M41 peu avant Karakul

A vrai dire, cette grandiositude est difficile à rendre en photo. De même que la rapidité avec laquelle les éclairages changent.

Lac Karakul et lumières de fin d'après-midi

Photo à la con... Cycliste et tête de yak Faut bien que les cyclistes qui se fatiguent sur la M41 avec le vent de face, en bouffant des nouilles tous les jours, aient un petit avantage sur vous, qui regardez les photos depuis votre fauteuil...

Lac Karakul (3920m)

Karakul-les-Flots. La plage est tranquille Ak en kyrygze, ça veut dire blanc. Kara, c'est noir ; Karakul signifie "lac noir", mais souvent, il a une belle couleur turquoise.

J'ai presque hésité à me baigner, mais y avait un petit vent frais.

Karakul, lac et entrée du village

Karakul est aussi le nom du village perdu au bord de ce lac, à 3900 m d'altitude.

Karakul. Mosquée au centre-ville

On se demande ce qu'il fait là, car à part une source d'eau potable et un superbe paysage, il n'y a vraiment pas grand chose d'attractif.

Etendage à linge en pylone recyclé

Le lac est trop salé pour contenir des poissons comestibles, aucun fruit ou légume ne pousse dans le secteur, et l'herbe est trop maigre pour nourrir les yaks qui sont en alpage dans une autre vallée.

Karakul, centre-ville en début de matinée

Douches du gîte Saadat à Karakul Saadat, Kyrgyze tadjik de Karakul. Mais il y a une caserne, et 3 maisons ou yourte d'hôte pour les touristes de passage, dont la chaleureuse maison de Saadat avec sa confortable salle de bains (faut juste demander 1 h à l'avance pour qu'il fasse chauffer les bassines à la bouse de yak).

C'est à lui que j'ai donné les quelques médicaments qui restaient dans ma trousse de secours. Et comme je cherchais mes mots pour lui expliquer en russe à quoi servait quel médicament, il m'a dit simplement "Ne t'inquiète pas, ma fille est infirmière à Murgab, elle en fera bon usage".

20 août 2015

Le col le plus haut

Difficile de se motiver pour les dernières mises à jour quand on n'est plus en voyage. Mais bon, je ne vais pas vous priver des plus belles étapes du Pamir...

Shantel : "Өмүр"

On en était donc à Murgab et son pont cassé.

Pont devenu gué suite à des orages

J'ai eu de la chance au passage du gué : j'allais commencer à me mettre à l'eau, bien boueuse et froide, un peu en amont de l'effondrement, là où la rivière était plus large donc moins profonde et/ou avec un courant moins fort (c'est le bon moment pour se souvenir du théorème de Bernoulli)

Sauvée par un camion de cantonniers !

Et là, un camion tout-terrain kaki de l'ex Armée Rouge acheminant une équipe de cantonniers est arrivé, et m'a transportée jusqu'à la sortie de la zone inondée.

Après, yavaipluka monter tout doucement jusqu'au col Ak Baytal, le plus haut du trajet (4655m).

Entre Murgab et Ak Baytal. Arc-en-ciel en fin d'averse.

On longe sur des dizaines de kilomètres une longue clôture barbelée qui délimitait la "zone neutre" entre ex URSS et Chine ; elle est située à environ 15 km de la frontière proprement dite.

Vallée de l'Ak Baytal et clôture URSS / Chine.

J'ai bivouaqué avec 2 cyclistes biélorusses dans un emplacement de bivouac *** que j'avais repéré avec ma petite longue-vue avant de voir leur tente.

Bivouac à 4300m avec des Biélorusses entre Murgab et Ak Baytal

Anatoliy et Anya prévoient de rouler de Bishkek jusqu'au Caucase en 3 mois, c'est un rythme nettement plus sportif que le mien !

Ak Baytal 4655m : et de 3 (cols à + de 4000m)

Le lendemain j'ai franchi les 5 derniers km à moins de 3 km/h de moyenne, sous une petite pluie fine et fraîche.

Point culminant de mon parcours : col Ak Baïtal, 4655m

Et j'ai interrompu le long tronçon de tôle ondulée de la descente vers Karakul

Descente du col Ak Baytal vers Karakul, le long de la clotûre de la zone interdite entre ex URSS et Chine.

en installant le bivouac dès 15h30 dans un emplacement *** aussi, avec Wicka et Paul, 2 hollandais qui commencent un voyage de 6 mois dans le Pamir puis en Chine.

Bivouac à 4300m avec des Hollandais entre Ak Baytal et Karakul

16 août 2015

Murgab, district des yaks

Sur la route M41 peu après Alichur

Ynak Osmonaliev : "Айлуу Кеч"

Route M41 , sortie Est d'Alichur

J'aurais du mal à expliquer pourquoi, mais rouler à vélo sur les hauts plateaux de cet immense massif est assez planant.

Le long de la route M41 à l'est d'Alichur

C'est un grand plaisir de glisser tranquillement sur les faux-plats (même s'ils sont parfois montants...), en regardant défiler les sommets en arrière-plan.

Haut plateau entre Alichur et le col Naïzatash

D'Alichur à Murgab, la route M41 est encore en bon état et il n'y a qu'un petit col peu pentu (un "+ de 4000" facile, super ! ). J'ai failli bivouaquer au col Naïzatash, c'était beau.

Col Naïzatash 4137m

Mais comme il était encore tôt, et que les nuages noirs du sud semblaient vouloir se rapprocher, j'ai continué jusqu'à Mamazaïr, où ma carte indiquait un petit village avec homestay. En guise de village il y a 3 maisons et une yourte. Mais on peut effectivement être hébergé au choix dans une des maisons ou dans la yourte.

Yourte-stay à Mamazaïr.

J'ai opté pour la yourte. La famille d'accueil m'a préparé un thé avec pain et yaourt de yak, puis un plov.

Fin de journée à Mamazaïr

J'ai profité des beaux éclairages de fin d'après-midi et j'ai assisté à la traite des yaks.

Mamazaïr : 3 maisons et 1 yourte.

C'est un peu plus sportif qu'avec les vaches. Il faut amorcer la pompe en laissant le bébé yak téter un petit peu, puis lui ôter les pis de la bouche pour traire la mère, à qui on a préalablement entravé les pattes. Et un bébé yak, c'est moins docile qu'un veau et ça devient vite costaud...

Traite des yaks à Mamazaïr

Ensuite, comme presque chaque nuit, il a plu. La yourte a un peu pris l'eau, mais pas du côté où mes hôtes avaient installé mon couchage. Après le petit-déj au shir tchaï, le thé au lait salé, la maîtresse de yourte m'a massé le dos pour que je sente moins ma petite douleur dans l'épaule droite (le côté de la soudure du porte-bagages).

Gorges à l'ouest de Murgab

Le lendemain je suis arrivée tranquillement à Murgab, je me suis posée dans l'hôtel qui avait des douches chaudes et un restau correct.

Maintenance de la pompe à eau de l'hôtel : on pourra se doucher ce soir

Je me suis accordé 2 jours de pause, j'ai fait un peu de shopping au bazar (2 briquets, 3 carottes, un concombre, des boules de kurut pas trop dures...) en compagnie de Kay, une énergique cycliste japonaise qui traverse le Pamir en sens inverse du mien, et qui m'a appris qu'un pont venait de casser au nord-est de Murgab.

Murgab

Suite au prochain épisode.

Yaks dans la vallée entre Ak Baytal et Karakul

Alichur, première petite ville kyrgyze

Grand confort : un tronçon de route asphaltée !

Signalisation tadjike typique sur la route M41 après quelques orages : gros trous en formation... Après plus de 140 km de piste pénible entre Langar et Bulunkul, quel soulagement de retrouver un grand tronçon de M41 asphalté ! La route a un peu souffert du niveau inhabituellement élevé des eaux des torrents cet été, mais la signalisation routière s'est rapidement adaptée.

Fin d'après-midi à Alichur. Le troupeau de Taygabek de retour des verts (?) pâturages

Yulya Rutskaya : "Аппак суйуу"

Route M41, km 828. Entrée d'Alichur

Alichur. Préparation du poste de soudure pour ma fourche.

Soulagement aussi de trouver un restaurant dès l'entrée d'Alichur, et un poste de soudure chez un voisin de Taygabek, le sympathique et accueillant berger kyrgyze propriétaire du homestay Marco Polo.

Le poste de soudure à l'arc était alimenté par un groupe électrogène qui fumait bien noir, et le gars soudait sans lunettes...

Alichur en fin d'après-midi

Alichur, vue d'ensemble sur le centre-ville Mais bon, ça marchait pour l'acier, j'ai pu faire ressouder l'œillet de fixation du porte-bagages avant droit. Il était temps : pour éviter que ça craque en route, j'ai fait les 50 derniers km avant Alichur avec la sacoche avant droite sanglée sur le porte-bagage arrière et le sac à dos de la tente sur mes épaules. Conduire un vélo ainsi déséquilibré sur une piste qui secoue, c'est très inconfortable, j'ai chopé un torticolis et une tendinite...



3 gamins d'Alichur sur les vélos de leur grand frère, je suppose

Alichur, gîte Marco Polo. Banya, côté machinerie Alichur, gîte Marco Polo. Banya, côté douche. Pendant ma journée de repos avec cure d'ibuprofène, j'ai pu profiter du banya du homestay Marco Polo, dont plusieurs cyclistes croisés en chemin m'avaient parlé. C'est très rustique, mais parfaitement fonctionnel !

Taygabek reçoit des cousins venus de Bishkek

Pour terminer, Alichur n'est pas vraiment une ville.

Belle lumière avant un petit orage sur Alichur

Mais un grand village de 1800 habitants (sans compter moutons, chèvres et yaks) où il y a plusieurs minuscules magasins, 2 ou 3 homestays et un hôtel-restaurant, après quelques jours dans le désert d'altitude, c'est l'opulence...

Bébé yak au parking à Alichur

15 août 2015

Bulunkul, douche froide et bain chaud

Voilà, j'ai terminé ma traversée des "hauts plateaux" semi-désertiques du Pamir. C'était assez désolé, dépaysant et impressionnant, mais pas franchement plat... Je m'accorde une pause à Osh, dernière étape de ce voyage. Et dernières (?) mises à jour.

Un petit lac salé dans la descente du col Khargush vers la M41 Après le col de Khargush on rejoint la route M41 par une piste qui nous donne une belle occasion de méditer longuement sur l'efficacité des phénomènes de résonance responsables de la formation de la "tôle ondulée", puis du fait qu'à vélo, on ne peut pas descendre sur cette fichue tôle ondulée à plus de 8 ou 9 km/h...

Entre M41 et Bulunkul

Bulunkul vu du petit col entre le village et le lac Yashilkul Il n'y a quasiment pas d'alpages sur ce versant. Juste quelques petits lacs salés au bord desquels ça sent la saumure.

Comme j'avais le temps de faire le détour, je suis allée au petit village de Bulunkul pour voir le lac du même nom et le lac voisin Yashilkul.

Petit paturage au bord du lac Bulunkul

Le village de Bulunkul est habité toute l'année mais il n'y a ni fruits et légumes qui y poussent, ni électricité secteur, ni antenne-relais de téléphone.

Bulunkul, centre-ville

Et bien sûr pas d'eau courante dans les maisons, on la tire au puits.

Bulunkul, centre-ville au coucher du soleil avant un orage

Muboraksho Mirzoshoev : "Сабза ба ноз меояд"

Enfants de Bulunkul

Entre les averses, le lendemain, j'ai pris des photos des gamins du village (mais pas avec le smartphone, trop lent au déclenchement pour ce type de photos).

Curieusement, ce village qui subsiste chichement de l'élevage est encore peuplé de Pamiris tadjiks (ils parlent shughnani, le dialecte de la vallée de Khorog), alors que les villages suivants sont tous majoritairement peuplés de Kyrgyzes.

Gamins de Bulunkul après l'averse

Le minuscule magasin du village n'a pas grand-chose en rayon, les habitants achètent farine, patates, carottes et oignons par sacs de 10 kilos à Alichur, à 40 km, dont 16 km de piste en mauvais état (boue ou tôle ondulée).

Bulunkul entre 2 averses. Les enfants jouent dans le village.

Mon refuge pendant les averses à Bulunkul Mais une des familles fait gîte dans une grande maison où 2 pièces sont réservées aux rares clients. Ça tombait rudement bien : j'ai pu passer tranquillement à l'abri une journée complète de pluie fraîche (Bulunkul est à environ 3800m), et la soupe était bonne, avec quelques morceaux de carottes et pois chiches.

Bulunkul. Séchage des kurpatchas du gîte au centre-ville

Recharge d'une batterie d'APN avant l'extinction des feux J'ai même pu recharger une batterie d'appareil-photo pendant la tranche horaire où mes hôtes faisaient tourner le groupe électrogène (19h30-21h). Mais ça demande un peu de doigté...

Et enfin, il y avait une chouette salle de bains à 6 km : une source chaude avec vue sur le Yashilkul. Le thermostat n'est pas réglable mais en bouchant le trou de la baignoire avec un pied ou une fesse, on peut prendre un bain à une température très agréable.

Yashilkul et bicoque-salle-de-bains

Manque juste une porte pour protéger du vent quand on sort de l'eau...

Bain chaud au-dessus du Yashilkul

2 août 2015

Montée vers les hauts plateaux

Montée au-dessus de Langar : jonction Wakhan - Pamir

Bartang : "Аз зу хебо"

Gorges de la rivière Pamir en amont du confluent avec la rivière Wakhan En amont de Langar, on ne suit plus la rivière Pyandj mais une des rivières qui la forment, Pamir, et on abandonne l'autre, Wakhan.

Ça commence par grimper sec jusqu'à un balcon avec vue sur l'Afghanistan et sur les nuages gris quotidiens.

Piste Langar - Khargush. Bain de pieds pour deux-roues.

Le relief s'adoucit ensuite.

Derniers arbustes vers 3500m. Le vallon de la rivière Pamir devient moins encaissé à l'approche des hauts plateaux.

On remonte doucement la rivière Pamir en longeant un étroit ruban vert entouré de monts arides.

Rivière Pamir. La petite cabane de bergers sur la rive afghane est vide aujourd'hui.

Bivouac à 3700m dans un alpage désert une vingtaine de km avant le poste de garde-frontière de Khargush Puis on finit par s'en écarter pour une 2ème bonne grimpette en direction du col de Khargush (4344m, c'est "mon premier 4000" à vélo).

Montée de Khargush au col. La piste s'écarte de la rivière Pamir et du Petit Pamir afghan.

Pendant environ 130 km, les seules habitations sont 2 bâtiments de garde-frontière et quelques bicoques délabrées parfois utilisées en été comme abris par des bergers et leur troupeau (ça fleure bon le crottin).

Zora et sa petite sœur. Pour la photo, Zora a tenu à poser avec un cahier d'école. C'est ainsi qu'au réveil lors de mon dernier bivouac avant le col, à 4200m, j'ai eu la visite de Zora (15 ans) et sa petite sœur, 2 écolières promues gardiennes de troupeau pendant les vacances scolaires. Zora a tenu à porter ostensiblement son cahier d'école pour la photo.

Une gâterie : salade de tomate (au singulier) Conformément à la loi de Murphy, c'est ce tronçon quasi désert qu'ont choisi mes 3 briquets à 3 sous (je n'ai pas trouvé mieux après avoir perdu mon super briquet-torche en Iran) pour tomber en panne coup sur coup. Par chance, un couple de voyageurs hollandais en 4x4 m'avait donné une tomate, un concombre et une orange, un garde-frontière m'avait offert un pain au dernier poste de contrôle, et j'avais quelques consommables comestibles sans cuisson.

Damned, la fourche a commencé à se fissurer Et c'est aussi dans ce tronçon que j'ai remarqué la petite fissure qui s'agrandissait au niveau d'un œillet de fixation du porte-bagages avant. Sans doute un effet secondaire de la vis perdue dans une précédente descente qui secouait bien aussi.

Cairn juste avant le col de Khargush. Dernière vue sur le Pamir afghan.

La redescente vers la route M41 est assez aride.

Petit lac salé juste avant le col de Khargush

Pyandj, rive afghane

Page publiée bien après mon retour en France, mais je l'insère dans la séquence chronologique pour que ce soit moins confus.

Premier aperçu de l'Afghanistan, face à Qala i Khum

Homayoun Angar : "Majnun"

Je n'ai pris aucun risque : j'ai juste tourné la bague de mon joujou de luxe (un bridge Leica avec zoom DC Vario Elmarit), et profité du stabilisateur optique qui permet de shooter sans pied aux longues focales.

Corridor de Wakhan, rive afghane

En effet, si le Badakhshan afghan est jusqu'à présent resté à peu près préservé des guerres et des extrémistes talibans qui ravagent l'Afghanistan depuis plus de 30 ans, une mouvance "dissidente" de talibans commence à s'y infiltrer et la culture du pavot refait son apparition (ces 2 fléaux sont corrélés, le trafic de drogue sert à financer l'achat d'armement).

Afghanes conduisant les vaches au champ. Vallée du Payndj entre Voznavd et Shizd

Et comme cette région est peuplée très majoritairement de chiites ismaïlis, elle est délaissée par le pouvoir central, si tant est qu'on puisse encore parler de pouvoir central en Afghanistan.

Ecole de filles à Nusay, en face de Qalai Khum

Le premier village afghan en face de ma route était juste en face de Qala i Khum, c'était un village assez important, avec une école, et des écolières en uniforme

Ecolières afghanes dans le gros village en face de Qala i Khum

La piste était dans ce secteur en assez bon état, mais malgré cela, très peu de voitures et camions y passaient, on voyait juste des motos avec plusieurs passagers

Quasiment pas de véhicules sur la rive afghane, à part quelques motos

ou passagère

Une burqa à moto sur la rive d'en face, en amont de Qala i Khum

Plus loin en amont, la rivière Pyandj était plus étroite,

Sadwad, un verger isolé entre 2 villages afghans

le chemin afghan aussi.

Entre Qala i Khum et Khorog, rive afghane. La piste se réduit parfois à un étroit chemin à flanc de rochers.

Par endroits, la vallée se resserrait et on était tout près des bergers Wakhis afghans.

La rivière Pyandj est parfois très étroite, on pourrait presque toucher l'Afghanistan...

C'est d'ailleurs impressionnant de voir comment la rivière Pyandj pouvait être aussi bien une large étendue d'eau aussi calme qu'un lac, ou un gros torrent en furie, et repasser d'un état à l'autre 2 ou 3 fois le long de son cours.

La piste côté afghan de la rivière Pyandj : y a de l'eau jusqu'au bord, et même plus...

Les jolies colonies de vacances

Novobar Chanorov : "Хофизе хилват нишин"

Jeunes Pamiris devant le mur d'un mazar (un petit mausolée) entre Zumgud et Vrang En passant à Vrang, j'ai entendu de la musique, alors je suis allée guigner au portail, et on m'a fait signe d'entrer.

Coup de bol, c'était la fête du "lager", une colonie de vacances financée par la fondation Aga Khan.

Fête au lager de Vrang. Danses traditionnelles pamiries

A plusieurs reprises, mes hôtes pamiris m'ont parlé de l'Aga Khan, le guide spirituel des musulmans chiites ismaïlis et leur bienfaiteur. Sa photo trône souvent dans la pièce principale des maisons pamiries. Sans les convois humanitaires de l'Aga Khan pendant la guerre civile des années 90, de nombreux habitants du Badakhshan seraient morts de faim.

Vrang (Wakhan). Plov+thé dansant au lager

La soixantaine de jeunes Wakhis (habitants du corridor de Wakhan) qui passaient un mois de vacances ici avaient préparé le spectacle : chants, danse, récitation de poèmes...

Jeunes Pamiris à la fête du lager de Vrang

Vrang (Wakhan). Danse traditionnelle pamirie. Le directeur de la colo m'a proposé une place assise au premier rang après m'avoir forcée à danser un peu. Ah, qu'est-ce qu"il ne faut pas faire pour pouvoir prendre des photos...

Ensuite un des cuistots m'a invitée pour le déjeuner. Il y avait du plov sans carottes, parce qu'il n'y avait plus de carottes en stock.

Et enfin, après le thé, Nozigul m'a offert un pain tout chaud pour la route.

Vrang. Cuisine du lager

Salles de bain le long du corridor

Ishkashim. Entrée du corridor de Wakhan.

Zafartcha : "Беракса"

La route de Khorog à Langar était fatigante mais moins dure que je ne craignais : la route n'était pas tout le long une piste caillouteuse défoncée, en "tôle ondulée" ou ensablée (c'était même plutôt meilleur qu'entre Qala i Khum et Khorog) ; le vent qui se levait en général l'après-midi me soufflait dans le dos ; et les repas que j'ai pu prendre assez régulièrement dans de petites tchaïkhonas ou chez l'habitant étaient meilleurs qu'à Djavchanguz.

Dans une petite tchaïkhana à Bibi Fatima

J'ai même eu droit à quelques morceaux d'aubergine dans le plat de pâtes aux patates chez Nisso et Guenia à Zumgud, et à de la pastèque à Langar. Mais en amont du corridor de Wakhan, dans les petits magasins des villages, le seul fruit ou légume encore disponible est l'oignon.

Lavage de tapis sur la route

Et puis j'ai pu compenser l'absence d'eau courante dans les hébergements par plusieurs bains dans des eaux de source tièdes ou chaudes, à Garm Chashma (littéralement "source chaude"), Avj et Bibi Fatima.

Filet de pêche et baignade dans un bras du Pyanj  peu avant Ishkashim

A Garm Chashma, l'eau chaude a laissé tout autour de sa source un gros dépôt de stalactites diversement colorées, c'est joli. Et touristique, mais ce ne sont quasiment que des touristes tadjiks, d'où le tarif dérisoire de l'hôtel où j'ai pris une chambre et mon repas.

Garm Chashma. Concrétions autour de la source chaude.

Pour les bains dans le bassin chaud en plein air, juste sous la source, il y a alternance hommes/femmes toutes les heures, et tout le monde se baigne à poil.

Garm Chashma. La piscine chaude en plein air.

A Avj, je n'aurais même pas vu les bains si l'institutrice du village précédent (Barshor) ne m'avait pas conseillé de faire ma pause de la mi-journée à l'auberge "Shodi". La pause s'est prolongée parce qu'Obida, la petite-fille du patron, après avoir vu ma tente en photo sur mon smartphone, voulait voir l'engin en grandeur nature dans le jardin. Obida était même d'accord pour me laisser sa chambre et dormir sous ma tente, mais l'averse en fin d'après-midi a rendu ce plan obsolète (à 5€ la chambre dans l'auberge, j'ai préféré replier la tente avant qu'elle soit trempée).

Obida et ma tente dans le jardin de l'oshkhona Shodi à Avj

Puis le grand-père m'a montré le bâtiment des bains juste en face. Je suis allée me prélasser dans l'eau tiède, pétillante et ferrugineuse. Ici, pas de bassin naturel, mais 2 petits bâtiments (un pour les hommes et un pour les femmes) avec vestiaire + petit bassin à l'intérieur.

Enfin à Bibi Fatima, comme à Avj, hommes et femmes peuvent faire trempette dans 2 petits bassins, dans 2 maisonnettes adjacentes.

Ruines du fort de Yamchun. Vue du chemin de Bibi Fatima.

Mais c'est à 8 km au-dessus de la route : j"y suis montée et redescendue à pied avec une des 8 filles de Khodesho, mon hôte à Tuggoz (rassurez-vous : son 9ème et dernier enfant est un garçon). Ces 16 km à pied m'ont plus fatigué les jambes que les 160 km à vélo des jours précédents...

1 août 2015

Le plus beau corridor cyclable du monde

Je suis arrivée à transférer patiemment quelques photos pendant ma journée de relâche à Murgab. Reprenons donc le fil : à partir de Khorog, j'ai continué à remonter la rivière Pyandj.

Saboor Tabish : "Badakhshan"

Entrée du corridor de Wakhan. En face, l'Hindu Kush

A Ishkashim, la rivière fait un coude et sa vallée s'élargit. On arrive dans le fameux "corridor de Wakhan", bordé au sud par l'Hindu Kush, une belle rangée de pics blancs à plus de 6000 m séparant l'Afghanistan du Pakistan.

Un sommet de l'Hindu Kush

L'Afghanistan fait moins de 30 km de large à ce niveau : je suis passée à 29 km à vol d'oiseau du point culminant de l'Afghanistan, le Noshaq (7492m) situé sur la frontière afghano-pakistanaise. A Khorog, un photographe russe qui séjournait dans le même gîte que moi m'a dit qu'une cordée en avait tenté l'ascension cet été, sans succès (trop de neige).

Près de Namadgut (Wakhan). Bivouac bien humide...

Hélas, à partir d'Ishkashim, le temps s'est gâté et je n'ai quasiment rien vu de l'Hindu Kush. Mais malgré cette météo inhabituellement pluvieuse, ce corridor a de l'allure et est assez varié.

Dunes près de Yamg (Wakhan)

Wakhan. Eclaircie entre Iniv et Shirgin

Et j'ai quand même eu une magnifique éclaircie (2 demi-journées de soleil en une semaine...),

Entre Vrang et Shirgin. Enfin du soleil et un pic de l'Hindu Kush !

que j'ai savourée en compagnie de Julia, Susie, Michael et Matthieu.

Près de Shirgin (Wakhan). Village cyclo avec vue sur l'Afghanistan.

On a aussi savouré ensemble des platées de pâtes dans un sympathique homestay de Langar, où on s'est reposés à l'abri de la pluie avant d'attaquer le col de Khargush.

Arrivée dans le Pamir oriental

Bon, c'était bien la peine que je passe à la boutique Megafon de Murgab pour recharger ma carte SIM tadjik et faire activer l'option Megabyte Onlaïn.

Arrivée sur Murgab

Ça pédale dans la semoule dès que j'essaie de charger une photo. Y a pas de wifi à l'hôtel le plus cher et le plus occidentalisé du patelin (25 $ la chambre avec WC + douche à l'étage), et l'internet-café ne marche pas.

A moins que je trouve par miracle un accès wifi avec un débit correct quelque part, je pense que vous devrez attendre une collection de mises à jour différées quand je prendrai quelques jours de repos à Osh, où je devrais normalement arriver dans une douzaine jours.

Murgab, 2ème plus grande ville du Gorno Badakhshan

Osh est la 2ème plus grande ville du Kyrgyzstan (ville centre 250 000 habitants, agglo 500 000), située à 900 m d'altitude dans la grande et fertile vallée de Fergana et à moitié peuplée d'Ouzbeks. Ça changera de Murgab, 2ème moins petite ville du Gorno Badakhshan tadjik (4000 habitants), située à presque 3700 m d'altitude sur un haut plateau semi-désertique, et peuplée à 70% de Kyrgyzs.

14 juil. 2015

Khorog city

Le chef-lieu du GBAO (Gorno Badakhshan avtonomaïa oblast) est une petite ville d'environ 30 000 habitants dépourvue de centre ancien, construite toute en longueur sur les berges de la rivière Gunt, tout près de là où elle se jette dans la rivière Pyandj.

Khorog vue depuis le jardin botanique

Novobar Shams : "Az ghami tu"

Il y a juste le petit aéroport qui est sur un replat le long du (ou de la?) Pyandj : seulement un vol presque quotidien de/vers Dushanbe avec un rustique Antonov 30 places à hélices qui vole à vue entre les montagnes, quand la météo est bonne.

Arrivée à Khorog. Pont transfrontalier ouvert (mais sous bonne garde)

Tous les voyageurs traversant le Pamir passent à Khorog, et généralement y font une pause.

Bazar de Khorog. Pas de voie ferrée, mais des containers ferroviaires recyclés en échopes...

Le bazar de Khorog Les cyclistes qui vont vers l'Est remplissent leurs sacoches de ravitaillement : pâtes ou autres céréales pas trop longues à cuire, fruits secs, bouillon en poudre, lait concentré ou miel, carottes, biscuits... Pas de saucissons, on ne trouve que des saucisses roses à peau synthétique, purs produits de l'industrie agro-alimentaire ; côté fromages, le choix semble réduit à des parallélépipèdes de fromage industriel, ou de petites billes de kurut, du fromage séché très pratique à conserver et transporter, très dur et salé.

A Khorog, les principales attractions sont le bazar, le jardin botanique, un parc avec un grand bassin où les jeunes se baignent (NB : il y a même des filles en maillot de bain, alors qu'on est si proches de la frontière afghane...), et un bon restaurant indien où les cyclo-voyageurs s'empressent de faire un bon repas pour compenser le "régime Pamir".

Mini-lac dans le parc de Khorog

Les 2 touristes roumains avec qui je logeais m'ont dit qu' il y a ici fin juillet un festival folklorique pamiri. Lalmo, la maîtresse de maison de notre homestay, a vérifié les dates pour nous : le festival a été avancé de 2 jours pour arranger l'agenda du Président tadjik, qui a sa binette partout mais pour qui les Pamiris ont une estime très modérée.

Pamiries en tenue traditionnelle de fête

Si j'avance "assez vite" dans le tronçon quasi-désertique du col de Khargush (si je le passe, ce sera mon premier 4000 à vélo), peut-être je pourrai revenir y faire un petit saut en marshrutka, en laissant mon vélo dans un gîte à Alichur. Mais c'est pas gagné...

Khorog.Fast food local.

En attendant, je me suis offert un dernier jour de repos + restau indien à Khorog. Ensuite, suite et fin de la remontée de la rivière Pyandj par le côté tadjik du corridor de Wakhan, et col de Khargush pour arriver sur les hauts-plateaux du Pamir. Je n'aurai probablement pas d'accès internet correct pendant quelques temps.

La fine équipe de Bardjangal et autres Pamiris

Zafartcha : "Хоҷа бигу ки ман"

Le parc municipal de Khorog est un endroit agréable

Après une petite excursion de 4 jours dans la vallée de Shoqdara, je retrouve Khorog et mon gîte "Homestay Lalmo" avec wifi et douche + WC propres, ça fait du bien (je ne m'étendrai pas sur ce sujet, mais au Tadjikistan, il y a rarement l'eau courante dans les maisons des villages, et les chiottes sont souvent immondes). Voici en vrac quelques photos de brèves rencontres le long de la route.

Veuillez prendre place à bord du  camion !

Alors que j'essayais de photographier un peu discrètement, de pas trop près et en zoomant, l'embarquement des passagers de 3 camions, ils m'ont fait signe d'approcher et se sont rangės pour être tous sur la photo.




L'idée d'avoir leur binette sur internet avait l'air de les amuser. Je ne pourrais pas vous citer leurs noms, je me souviens juste que ces ouvriers allaient au boulot sur un chantier à Bardjangal, entre Roshtqala et Khorog.

Les ouvriers du chantier de Bardjangal

Station de marshrutkas à Khorog J'ai vu parfois des passagers transportés en camion, mais le plus courant, ce sont les marshtutkas, des taxis collectifs qui sont, selon le trajet, soit de petits minibus soit de gros 4x4. Point commun : on peut y caser 10 à 20% de passagers tadjiks de plus qu'il n'y a de places assises normales.

D'autres Pamiris m'ont parfois demandé à être photographiés, en général des gamins. Ceux-ci vendaient les abricots et les cerises de leur verger au bord de la route entre Qala i Khum et Khorog (fruits appétissants, mais c'était pendant une phase "tourista" alors je n'en ai pas pris). Madina m'a ensuite demandé de lui envoyer la photo, en 5 exemplaires bien sûr.



Madina et compagnie vendent les fruits du verger

Plus loin sur la route, j'ai réussi à semer mon porte-monnaie devant une petite boutique où on venait d'acheter de l'eau minérale. Eh bien, Sagvard (en robe rose au centre), la fille de la commerçante, nous a couru après en auto-stop, avec sa sœur et une amie, pour me rapporter l'objet, et me l'a remis en mains propres avant même que je me sois aperçue de ma gaffe.

Sagvard, sa soeur et une amie

Sagvard, avec qui on avait un peu discuté dans la boutique, est étudiante en langues à Dushanbe et veut devenir interprète. Elle parle 4 langues : tadjik bien sûr, russe, anglais, et sa langue maternelle qui est un des 6 dialectes du Pamir (les 6 vallées ont chacune leur dialecte). Plusieurs Pamiris à qui j'ai posé la question m'ont dit que ces langues sont suffisamment différentes du tadjik pour qu'un Tadjik non pamiri ne les comprenne pas ; deux troufions de Khudjand et Dushanbe qui faisaient leur service militaire dans le Pamir m'ont confirmé la chose. Inversement, tous les Pamiris comprennent le tadjik car c'est la langue qu'ils pratiquent obligatoirement à l'école.

Vallée de Shoqdara. Pause-thé

Enfin, j'ai aussi bu un thé au bord de la route avec une babouchka qui accompagnait son mari. Elle était accroupie sur le talus avec un thermos de thé, et surveillait sa vache pendant que son mari commençait, à la main et à la pioche, à construire la maison d'un de ses 3 fils dans le terrain en contre-bas de la sienne. Ou peut-être surveillait-elle son mari pendant que sa vache broutait, attachée à un pieu. Cette petite pause m'a donné l'occasion de m'entraîner à la position accroupie si courante en Asie quand il n'y a pas de tapis pour s'assoir en tailleur. C'est pratique mais au bout d'une tasse de thé, j'avais des fourmis dans les pieds...

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