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mercredi 13 juin 2018

Svetlana et les champs de cumin / Светлана и поля тмина

Notre bref N+1ème passage à Vladikavkaz s'est terminé à l'Avtovokzal N°2, la vieille gare routière, avec un hall en état de décrépitude avancé. C'est de là que partent, entre autres, les marshrutkas pour la Tchétchénie et le Daghestan.

Kharisdzhin. La première maison de l'autre côté du Fiagdon est la datcha de Svetlana Dans notre marshrutka pour Verkhnyi Fiagdon, la passagère assise derrière nous engage la conversation. Apprenant qu'on comptait dormir sous tente alors qu'on allait arriver de nuit, elle nous invite à loger chez elle ( quelle bonne idée ! ). On a donc passé la nuit chez Svetlana, dans le hameau de Kharisdzhin.

Alan Tsarikaev : "Девчонка осетинка"

Svetlana est une modeste retraitée. Elle passe l'été ici, à la datcha, et le printemps et l'automne à Vladikavkaz. Elle trouve l'hiver rude, et préfère alors séjourner chez sa fille en Angleterre. Elle a fait construire une annexe type Algeco à côté de sa petite maison pour accueillir sa famille russo-britannique quand ils lui rendent visite. Svetlana sur la terrasse de notre Algeco d'hôte Comme ils ne sont pas là en ce moment, nous logeons confortablement à leur place.

Au petit-déj, copieux, nous bavardons longuement avec Svetlana. Elle craint que les litiges territoriaux ou communautaires rallument un jour ou l'autre des conflits armés entre l'Ossétie et l'Ingouchie. Elle critique la mode des jeans troués aux genoux, non pas parce que ça ferait désordre, mais parce qu'elle trouve idiot d'augmenter le risque d'avoir des rhumatismes plus tard. Elle nous fait visiter son jardin et ses ruches, et nous offre une poignée d'abricots pour la route. Enfin, au moment où on repart en la remerciant pour son hospitalité, elle nous remercie tout simplement... de ne pas avoir eu peur de venir dans le Caucase.

Un ancien hameau abandonné dans le vallon du Fiagdon La randonnée dans la haute vallée du Fiagdon était chouette. Notre super-bivouac pris dans le brouillard... On a trouvé un bivouac *** entre 2 postes de garde-frontière, tellement confortable qu'on y a passé 2 nuits. On s'est levées plus tôt que la brume

Cueillette de cumin sauvage Que demander de plus : de la paille sous la tente, un ruisseau à 2 pas, un hangar avec une table et 2 bancs pour pique-niquer à l'abri de la pluie, et... du cumin à foison ! On n'avait qu'à se pencher pour en cueillir. On a savouré une salade tomate-concombre au cumin, une soupe au cumin, des nouilles au cumin, du pain-fromage au cumin, et même du cumin au cumin en marchant le long du chemin. Ca faisait passer le goût de l'eau minérale locale, prélevée à la source, pétillante et délicieusement sulfurée, que des promeneurs russes nous ont offerte en passant. Le même petit hameau abandonné, par beau temps au retour C'est justement vers cette source qu'on est allées se promener, en longeant le Fiagdon puis le Bugultadon, Bugultadon. Un torrent emprunte la piste, ou vice versa à travers des alpages partiellement abandonnés où paissent des troupeaux de chevaux en liberté. Vue de notre bivouac par beau temps.

jeudi 27 août 2015

Des alpages aux containers. Arrivée à Osh.

Yourtes et roulottes dans la descente du col TaldykAprès les 3 cols "40 ans du Kyrgyzstan" (3550m), Taldyk (3615m) et Chyrtchyk (2388m), il n'y a plus qu'une longue descente en pente douce pour arriver à Osh.

On commence par rouler dans des alpages où les coins de bivouac *** ne manquent pas, mais il faut parfois les partager avec des yourtes, et donc courir le risque de boire le kymyz (lait de jument fermenté dans des outres en plein soleil).

Entre Gultcha et le col Chyrtchyk. Route kyrgyze typique.

Les troupeaux de chevaux, vaches, moutons et chèvres ont remplacé les yaks. Puis viennent les villages agricoles, avec des arbres fruitiers (surtout pommiers et abricotiers).

Vallée de la rivière Gultcha Ces dernières journées de route sont jolies. La vallée de Gultcha est très colorée.

Camions de charbon dans la vallée de Gultcha La route est bonne, faut juste se réhabituer à la chaleur, et à ne pas rouler au milieu car il y a plus de circulation que dans le Pamir. Et retenir sa respiration quand on est doublés par des camions de charbon, pour ne pas avaler trop de poussière...

Chyrtchyk, dernier col du voyage.
Jeunes kyrgyzes portant fièrement leur ak kalpak Au sommet du dernier col, un chauffeur de marshroutka m'a offert 2 succulentes pêches blanches que j'ai avalées dès qu'il a eu le dos tourné, et un pain que j'ai à peine goûté car il m'en restait encore un sur les 2 que Baboy m'avait donnés au col Uy Buluq... Arrivée dans les faubourgs d'Osh. Fruits et légumes à gogo ! Enfin, un peu avant Osh, on roule entre 2 rangées de stands de fruits et légumes: tomates, concombres, melons, pastèques, abricots, pêches,...

Tapchan en terrasse d'un restaurant d'Osh A Osh, j'ai commencé par faire une sieste géante dans une des guesthouses recommandées par des cyclo-voyageurs croisés dans le Pamir, puis j'ai visité des restaurants, le parc, et le bazar.

Le bazar d'Osh et ses containers

Beaux containers du bazar d'Osh Etonnant : le bazar est un énorme empilement de containers qui servent de boutiques. Je n'en avais encore jamais vu autant à la fois, sur 2 étages !

Bazar d'Osh, haut lieu de la récup de containers.

Le coin des joueurs d'échec dans le parc central d'Osh Une allée du bazar concentre les containers de souvenirs et divers produits artisanaux typiquement kyrgyzes, en particulier des objets en feutre (couvre-chef, tapis, chaussons,...). On y trouve aussi des instruments de musique traditionnels, dont un instrument à percussion en bois qui imite le bruit des sabots de cheval.

Ordo Sakhna: "Эсиндеби"

(cliquer sur l'annexe en bas de cet article si ça ne marche pas ici)

Instruments traditionnels kyrgyzes. Avec l'aide de ma voisine de chambre Monica, une cycliste roumaine qui termine son voyage au Kyrgyzstan en marshroutka suite à la rupture de son porte-bagages, je récupère au bazar quelques cartons pour emballer mon vélo.

Voilà, j'ai encore un énorme stock de photos à trier et des souvenirs plein la tête. Comme vous avez pu voir dans l'épisode du 18 août, j'ai pris l'avion à Osh, et je suis maintenant rentrée à Grenoble. Mes grandes vacances sur la route de la soie sont terminées...

mercredi 26 août 2015

Petit palier de recompression

Vallée entre Kyzyl Art et Sary Tash Tampon de la police sur mon passeport faisant foi, je suis sortie du Tadjikistan le 8 août et entrée au Kyrgyzstan le 9 ! On peut bivouaquer entre les 2 postes frontière, distants d'une vingtaine de km, ou même loger chez Taalaybek, le cantonnier : il dispose d'une modeste maison de fonction juste à coté du premier poste de contrôle des passeports côté kyrgyze du col. Descente du Kyzyl Art sur Sary Tash. Fin de la piste, place à la route !
Touffes d'edelweiss dans les prés

Asylbek Ozubekov : "Күкүк"

La descente vers la large vallée de Sary Tash (altitude 3100m) est très belle, et on a le plaisir de revoir et de humer progressivement de l'herbe, des fleurs (plein d'edelweiss ! ) et des plantes aromatiques, des yourtes et des troupeaux, et des arbustes (des génévriers). Ca fait du bien. Alpages entre Sary Tash et Sary Mogol

Sary Tash. Au fond, le Pamir tadjik. Pour les arbres fruitiers (pommiers et abricotiers), il faudra attendre d'avoir passé un dernier col à 3600m entre Sary Tash et Gultcha. Mais au petit restau le long de la route à l'entrée de Sary Tash, j'ai pu dévorer du poulet rôti et une salade tomate-concombre.

Sary Mogol. Coucher de soleil sur le Pamir Alaï.

Pic Lénine (7134m) vu de Sary Mogol (3000m). Et c'était encore mieux au homestay Abdumalik à Sary Mogol, où je me suis reposée une journée complète : une soupe aux petits pois avant les macaronis, et de la confiture d'abricots au petit-déj ! Par contre, j'ai bien failli ne pas voir le pic Lénine (7134m) : le brouillard ne s'est dissipé qu'au moment où je repartais. Plateau entre Sary Tash et Sary Mogol. Pik Lenin.

Alpages près du col Taldyk Enfin, derniers cols, et j'en ai même eu 3 pour le prix de 2 : le "petit" col à 3550m avant le Taldyk (3615m) porte maintenant officiellement un nom, signalé par un beau panneau à la gloire des 40 ans (??) du Kyrgyzstan.

mardi 25 août 2015

Après moi le déluge

Zhugom : "Турд донд а джон зеб хид"

Pont frontalier d'Ishkashim et site du marché tadjiko-afghan Maintenant que je suis sortie du Tadjikistan, je peux vous en dire un peu plus que ce que raconte le site officiel que vous avez très très bien fait de ne pas consulter : les "conseils aux voyageurs" du ministère des affaires étrangères semblent avoir pour principal but de vous inciter à rester cloîtrés en France pendant toutes vos vacances. C'en est une honte, à quel point ce site manque d'objectivité pour certains pays (en particulier l'Iran), et tarde tant à mettre en ligne des mises à jour quand un problème est réglé... Mais il y a quand même eu quelques perturbations dans le Badakhshan tadjik cet été. Un affluent du Pyanj a emporté un pont côté afghan

Pont et poste-frontière fermé à Ishkashim. Comme la plupart des voyageurs, je serais bien allée faire une petite visite au marché transfrontalier tadjiko-afghan d'Ishkashim qui a habituellement lieu le samedi. Hélas lors de mon passage, un vendredi en début d'après-midi, le pont sur la rivière Pyandj était fermé et on m'a dit qu'il n'y aurait pas de marché.

J'ai appris un peu plus tard que cette fermeture faisait suite à un affrontement entre sunnites afghans et ismaëliens pamiris un précédent jour de marché il y a quelques semaines. Mais différentes explications ont circulé, difficile de savoir laquelle était la plus vraie... Ce qui est sûr, c'est qu'un petit groupe armé de talibans s'est installé à une cinquantaine de km à l'ouest de Khorog, au bord du lac Shiva. Patrouille de garde-frontière dans le corridor de Wakhan

Garde-frontière revenant de la cueillette d'abricots Un peu plus en amont dans la vallée, une patrouille de garde-frontières m'a offert des abricots (mes derniers fruits frais pour 3 semaines), mais le lendemain matin, constatant que j'avais bivouaqué dans un champ avec une belle vue sur la rive afghane, le chef m'a expliqué qu'il ne voulait pas que des touristes bivouaquent à portée de fusil de l'Afghanistan. Parfois les patrouilles délogent les cyclo-campeurs, mais il y a suffisamment peu de soldats par km de route pour qu'on puisse la plupart du temps bivouaquer tranquilles et sans risque (les Talibans ne sont encore jamais arrivés à s'installer dans le corridor de Wakhan).

Région frontalière désertique entre Langar et Kargush. L'orage ne va pas tarder à passer de la rive afghane à la rive tadjike Quelques jours plus tard, peu après Langar, j'ai rencontré une autre patrouille de garde-frontière dont l'officier était fort embarrassé : un de ses soldats avait disparu, sans bagages mais avec arme. Ce jeune officier m'a demandé si j'avais des jumelles, il m'a emprunté mon monoculaire quelques instants, a scruté les environs, et me l'a rendu en m'expliquant, l'air résigné, que s'il ne retrouvait pas son soldat, il irait au trou. Le lendemain matin, ils ratissaient encore le secteur à la recherche du soldat disparu.

Cantonnier tadjik dans un camion tout-terrain Ensuite, j'aurais bien aimé revenir d'Alichur à Khorog en taxi collectif pour voir le festival international de folklore pamiri "Le toit du monde". Hélas, cet été le Gorno Badakhshan a été plus durement touché que les années "normales" par des inondations et glissements de terrain, car à la fonte des neiges et glaciers s'est ajoutée une quantité inhabituelle de pluie. La route M41 a été coupée en aval et en amont de Khorog : un pont cassé (mais assez rapidement réparé) près de Vanj, et un énorme glissement de terrain près de Barsem, qui a coupé non seulement la route mais aussi le cours de la rivière Gunt, provoquant la formation d'un petit lac à la stabilité incertaine... M41 à l'ouest d'Alichur : déviation, route coupée à 180 km

D'autres petites routes ou pistes transverses ont été coupées, et les passages de gué étaient parfois difficiles. J'ai rencontré des touristes tchèques dont le 4x4 est resté coincé une journée complète dans un gué au sud-est d'Alichur : ils ont marché jusqu'à la M41 pour demander le secours d'un camion. Convoi de ravitaillement contournant la coupure de la M41 via Kargush Des dizaines de maisons ont été endommagées et évacuées. Le président tadjik est venu se montrer à Khorog en hélicoptère et a décrété l'état d'urgence dans le GBAO. Du coup, le festival 2015 a été annulé. En fouillant sur le net, je découvre qu'il a finalement été reporté d'un mois, donc a eu lieu peu après mon retour en France. C'est un moindre mal.

Route M41 au nord-est de Murgab après les orages de début août Enfin, d'autres orages dans l'est du Pamir ont provoqué des glissements de terrain près de Rangkul et une rupture de pont près de Murgab. Le festival de jeux équestres At Chabysh de Murgab a lui aussi été annulé cette année.

Dernières étapes au Tadjikistan

Après Karakul, il reste guère plus de 100 kilomètres à parcourir avant de quitter le Tadjikistan. Abords du village de Karakul. Collecte de petit bois en side-car. En fait, on le quitte progressivement, puisque depuis Alichur, la population — très clairsemée — est majoritairement kyrgyze.

Shantell : "Қош жылдыз"

Cimetière kyrgyze peu après Karakul

Rubarbe sauvage près du lac Karakul Plus que 2 cols au-dessus de 4000 m : Uy Buluq et Kyzyl Art. Je me déleste de mes derniers somonis tadjiks en les échangeant contre les derniers soms kyrgyzs de Gaël, un cyclo-voyageur français qui a travaillé 6 mois à Bishkek avant de reprendre la route en direction de Dushanbe, via le Pamir. On est restés quelques minutes sur la route dans ce beau paysage désolé, pour échanger, outre nos quelques soms / somonis, nos impressions sur ce qu'on avait perçu des différences entre sunnites et chiites dans les pays où on avait séjourné. Avec une même conclusion : un jour ou l'autre, on aurait envie de revenir en Iran et dans le Pamir tadjik. Entre Karakul et la vallée aride de Markansu, on longe de nouveau la longue clôture barbelée entre ex URSS et Chine Je fais une autre rencontre surprenante peu après : je revois le grand cyclo-voyageur genevois Claude Marthaler, alias le Yak, que j'avais rencontré à Khorog, mais cette fois il est en voiture ! Il retourne à Murgab avec un caméraman de la RTS pour faire un reportage sur le festival de jeux équestres qui devrait s'y dérouler dans 2 jours.

Lac Karakul vu depuis la montée au Uy Buluq Le premier col est presque facile, malgré un raidillon juste au nord du lac Karakul : il n'est qu'à 300 m plus haut que le lac, et la route est encore asphaltée. Presque, car dans mon sens de parcours, le vent dominant est de face et souffle bien fort... Le paysage commence à devenir vraiment très minéral, à l'exception d'un petit alpage assez vert juste au sommet du col Uy Buluq où je bivouaque sans le savoir à moins de 200 m d'un camion en panne.

Baboy et son camion en rade depuis 5 jours Le lendemain matin, dernière rencontre tadjike : Baboy, le chauffeur du camion en rade après le virage suivant, vient me proposer le thé. Il trouvait le temps long : il est là depuis 5 jours. Après la panne, quand il a constaté qu'il ne pouvait pas réparer, il a fait 4 km à pied car il savait qu'on captait de nouveau du réseau GSM un peu avant le lac Karakul, et depuis, il attend la livraison de pièces de rechange qui devraient arriver aujourd'hui par un autre camion. Baboy est un ex militaire en retraite. Il a servi en Afghanistan du temps où le Tadjikistan était soviétique, et continue à s'y rendre régulièrement pour livrer des marchandises en camion, car rester inactif chez lui l'ennuie. Quand je lui demande si ce n'est pas dangereux, il répond simplement "J'ai l'habitude". Il insiste pour m'offrir du pain (alors qu'il m'en reste), je le remercie en lui proposant une petite poignée de fruits secs, et il m'aide à pousser mon vélo dans le gué juste derrière le col.

Le tronçon de route entre Uy Buluq et Kyzyl Art est désertique et très dépaysant. Large vallée désertique de entre les cols Uy Buluq et Kyzyl Art De hautes montagnes aux roches colorées par divers minerais encadrent des fonds de vallées plats assez larges. Route M41 dans la vallée de Markansu. Vent tourbillonnant, mais surtout de face.... Le vent (encore de face) soulève poussière, sable et sel, et génère des mini-tornades qui se déplacent de part et d'autre de la route, laquelle redevient piste au moment de monter au Kyzyl Art (4280m).

Zone désertique entre Uy Buluq et Kyzyl Art, district de Murgab

Kyzyl Art, 4282m. Dernières vues sur le Pamir tadjik Enfin, en fin d'après-midi, alors que je commençais à douter de pouvoir passer le Kyzyl Art avant la nuit, j'aperçois la ligne de crête de roche rouge qui annonce le col (kyzyl, en kyrgyze, c'est rouge) et j'arrive au poste frontière, puis à la frontière juste au col, 2 km plus haut. A la fois soulagée d'en finir avec la traversée des hauts plateaux du Pamir, et triste de quitter le Tadjikistan.

samedi 22 août 2015

Karakul, le lac noir turquoise

Entre Ak Baïtal et Karakul

Asankan Jumakmatov : "Кыргыз оймолору"

Traces de yourtes au pied du col Ak-Baïtal A partir de la descente du col Ak Baytal sur Karakul, j'ai enfin eu du beau temps ! Et les paysages étaient grandioses. Pic Muzkol (6129m) vu depuis la M41 peu avant Karakul A vrai dire, cette grandiositude est difficile à rendre en photo. De même que la rapidité avec laquelle les éclairages changent. Lac Karakul et lumières de fin d'après-midi

Photo à la con... Cycliste et tête de yak Cycliste en tenue anti-coup-de-soleil Faut bien que les cyclistes qui se fatiguent sur la M41 avec le vent de face, en bouffant des nouilles tous les jours, aient un petit avantage sur vous, qui regardez les photos depuis votre fauteuil...

Lac Karakul (3920m)

Karakul-les-Flots. La plage est tranquille Ak en kyrygze, ça veut dire blanc. Kara, c'est noir ; Karakul signifie "lac noir", mais souvent, il a une belle couleur turquoise.

J'ai presque hésité à me baigner, mais y avait un petit vent frais.

Karakul, lac et entrée du village

Karakul est aussi le nom du village perdu au bord de ce lac, à 3900 m d'altitude.

Karakul. Mosquée au centre-ville

Etendage à linge en pylone recyclé On se demande ce qu'il fait là, car à part une source d'eau potable et un superbe paysage, il n'y a vraiment pas grand chose d'attractif. Le lac est trop salé pour contenir des poissons comestibles, aucun fruit ou légume ne pousse dans le secteur, et l'herbe est trop maigre pour nourrir les yaks qui sont en alpage dans une autre vallée.

Karakul, centre-ville en début de matinée

Douches du gîte Saadat à Karakul Saadat, Kyrgyze tadjik de Karakul. Mais il y a une caserne, et 3 maisons ou yourte d'hôte pour les touristes de passage, dont la chaleureuse maison de Saadat avec sa confortable salle de bains (faut juste demander 1 h à l'avance pour qu'il fasse chauffer les bassines sur le poële carburant à la bouse de yak).

jeudi 20 août 2015

Le col le plus haut

Difficile de se motiver pour les dernières mises à jour quand on n'est plus en voyage. Mais bon, je ne vais pas vous priver des plus belles étapes du Pamir...

Pont devenu gué suite à des orages Shantell : "Өмүр"

On en était donc à Murgab et son pont cassé.

J'ai eu de la chance au passage du gué : j'allais commencer à me mettre à l'eau bien boueuse un peu en amont de l'effondrement, là où la rivière était plus large donc a priori moins profonde et/ou avec un courant moins fort.

Sauvée par un camion de cantonniers ! Et là, un camion tout-terrain kaki de l'ex Armée Rouge acheminant une équipe de cantonniers est arrivé, et m'a transportée jusqu'à la sortie de la zone inondée.

Après, yavaipluka monter tout doucement jusqu'au col Ak Baytal, le plus haut du trajet (4655m).

Entre Murgab et Ak Baytal. Arc-en-ciel en fin d'averse.

On longe sur des dizaines de kilomètres une longue clôture barbelée qui délimitait la "zone neutre" entre ex URSS et Chine, elle est située à environ 15 km de la frontière proprement dite. Vallée de l'Ak Baytal et clôture URSS / Chine.

J'ai bivouaqué avec 2 cyclistes biélorusses dans un emplacement de bivouac *** que j'avais repéré avec ma petite longue-vue avant de voir leur tente. Bivouac à 4300m avec des Biélorusses entre Murgab et Ak Baytal Anatoliy et Anya prévoient de rouler de Bishkek jusqu'au Caucase en 3 mois, c'est un rythme nettement plus sportif que le mien !

Point culminant de mon parcours : col Ak Baïtal, 4655m

Le lendemain j'ai franchi les 5 derniers km à moins de 3 km/h de moyenne, sous une petite pluie fine et fraîche. Ak Baytal 4655m : et de 3 (cols à + de 4000m)

Et j'ai interrompu le long tronçon de tôle ondulée de la descente vers Karakul en installant le bivouac dès 15h30 dans un emplacement *** aussi, avec Wicka et Paul, 2 hollandais qui commencent un voyage de 6 mois dans le Pamir puis en Chine. Bivouac à 4300m avec des Hollandais entre Ak Baytal et Karakul

mardi 18 août 2015

Le jour le plus long

Aujourd'hui j'ai une journée de 28 h. Osh.Aéroport à 02:30 heure locale Le policier qui surveillait l'embarquement a exigé que j'efface la photo de mon avion sur le tarmac : Аэрофлот ou Türk Hava Yolları ? En attendant l'épisode suivant je vous mets un peu de musique locale : je suis en train de prendre mon deuxième petit-déj à la terrasse d' une bonne patisserie - salon de thé au centre-ville pendant mon escale.

Burhan Öçal : "Bugu jazz"

dimanche 16 août 2015

Murgab, district des yaks

Sur la route M41 peu après Alichur

Ynak Osmonaliev : "Айлуу Кеч"

Route M41 , sortie Est d'Alichur J'aurais du mal à expliquer pourquoi, mais rouler à vélo sur les hauts plateaux de cet immense massif est assez planant. Le long de la route M41 à l'est d'Alichur

C'est un grand plaisir de glisser tranquillement sur les faux-plats (même s'ils sont parfois montants...), en regardant défiler les sommets en arrière-plan.

Haut plateau entre Alichur et le col Naïzatash D'Alichur à Murgab, la route M41 est encore en bon état et il n'y a qu'un petit col peu pentu (un "+ de 4000" facile, super ! ). J'ai failli bivouaquer au col Naïzatash, c'était beau.

Col Naïzatash 4137m

Yourte-stay à Mamazaïr.Mais comme il était encore tôt, et que les nuages noirs du sud semblaient vouloir se rapprocher, j'ai continué jusqu'à Mamazaïr, où ma carte indiquait un petit village avec homestay. En guise de village il y a 3 maisons et une yourte. Mais on peut effectivement être hébergé au choix dans une des maisons ou dans la yourte.

J'ai opté pour la yourte. La famille d'accueil m'a préparé un thé avec pain et yaourt de yak, puis un plov.

Fin de journée à Mamazaïr J'ai profité des beaux éclairages de fin d'après-midi et j'ai assisté à la traite des yaks. Mamazaïr : 3 maisons et 1 yourte.

C'est un peu plus sportif qu'avec les vaches. Il faut amorcer la pompe en laissant le bébé yak téter un petit peu, puis lui ôter les pis de la bouche pour traire la mère, à qui on a préalablement entravé les pattes. Et un bébé yak, c'est moins docile qu'un veau et ça devient vite costaud... Traite des yaks à Mamazaïr

Ensuite, comme presque chaque nuit, il a plu. La yourte a un peu pris l'eau, mais pas du côté où mes hôtes avaient installé mon couchage. Après le petit-déj au shir tchaï, la maîtresse de yourte m'a massé le dos pour que je sente moins ma petite douleur dans l'épaule droite (le côté de la soudure du porte-bagages).

Gorges à l'ouest de MurgabLe lendemain je suis arrivée tranquillement à Murgab, je me suis posée dans l'hôtel qui avait des douches chaudes et un restau correct. Je me suis accordé 2 jours de pause, j'ai fait un peu de shopping au bazar (2 briquets, 3 carottes, un concombre, des boules de kurut pas trop dures...) en compagnie de Kay, une énergique cycliste japonaise qui traverse le Pamir en sens inverse du mien, et qui m'a appris qu'un pont venait de casser au nord-est de Murgab. Murgab Suite au prochain épisode. Yaks dans la vallée entre Ak Baytal et Karakul

Alichur, première petite ville kyrgyze

Grand confort : un tronçon de route asphaltée !

Signalisation tadjike typique sur la route M41 après quelques orages : gros trous en formation... Après plus de 140 km de piste pénible entre Langar et Bulunkul, quel soulagement de retrouver un grand tronçon de M41 asphalté ! La route a un peu souffert du niveau inhabituellement élevé des eaux des torrents cet été, mais la signalisation routière s'est rapidement adaptée.

Fin d'après-midi à Alichur. Le troupeau de Taygabek de retour des verts (?) pâturages

Yulya Rutskaya : "Аппак суйуу"

Route M41, km 828. Entrée d'Alichur

Alichur. Préparation du poste de soudure pour ma fourche.

Soulagement aussi de trouver un restaurant dès l'entrée d'Alichur, et un poste de soudure chez un voisin de Taygabek, le sympathique et accueillant berger kyrgyze propriétaire du homestay Marco Polo.

Le poste de soudure à l'arc était alimenté par un groupe électrogène qui fumait bien noir, et le gars soudait sans lunettes... Alichur en fin d'après-midi

Alichur, vue d'ensemble sur le centre-ville Mais bon, ça marchait pour l'acier, j'ai pu faire ressouder l'œillet de fixation du porte-bagages avant droit. Il était temps : pour éviter que ça craque en route, j'ai fait les 50 derniers km avant Alichur avec la sacoche avant droite sanglée sur le porte-bagage arrière et le sac à dos de la tente sur mes épaules. Conduire un vélo ainsi déséquilibré sur une piste qui secoue, c'est très inconfortable, j'ai chopé une tendinite dans l'épaule droite... 3 gamins d'Alichur sur les vélos de leur grand frère, je suppose

Alichur, gîte Marco Polo. Banya, côté machinerie Alichur, gîte Marco Polo. Banya, côté douche. Pendant ma journée de repos avec cure d'ibuprofène, j'ai pu profiter du banya du homestay Marco Polo, dont plusieurs cyclistes croisés en chemin m'avaient parlé. C'est très rustique, mais parfaitement fonctionnel !

Taygabek reçoit des cousins venus de Bishkek Pour terminer, Alichur n'est pas vraiment une ville. Belle lumière avant un petit orage sur Alichur Mais un grand village de 1800 habitants (sans compter moutons, chèvres et yaks) où il y a plusieurs minuscules magasins, 2 ou 3 homestays et un hôtel-restaurant, après quelques jours dans le désert d'altitude, c'est l'opulence... Bébé yak au parking à Alichur

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