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jeudi 23 avril 2015

Alborz 3

Semnan, centre ancien

Maison historique dans le centre de Semnan. La famille de Farnoush m'a retenue une journée complète à Semnan pour me faire visiter la vieille ville.

Il reste à Semnan quelques anciennes maisons de notables à l'architecture typique des "villes du désert", avec les pièces d'été au niveau inférieur, des qanats (canaux souterrains ) et des badgirs (tours-cheminées captant ou génèrant des courants d'air).

J'ai ensuite été conviée à un délicieux repas familial chez la sœur de mon hôte. Il y avait du fesenjan, spécialité à base de poulet mijoté avec noix et grenade, et un délicieux dessert genre flanc très parfumé. La journée s'est terminée par un copieux thé (avec petits gâteaux...) chez son cousin.

Sortie nord de Semnan. Le lendemain, je suis repartie pour 1200 m de montée : j'ai franchi une 3ème fois la ligne de partage des eaux entre Golfe Persique et mer Caspienne, par un col à 2400m dont je chercherai le nom. Route peu fréquentée, paysages variés, et plein de coins tranquilles pour bivouaquer. J'en ai choisi un tapissé de petites touffes d'absinthe, ça sentait bon. Il ne manquait que l'eau courante pour en faire un site de bivouac ***. Un peu au nord de la ligne de partage des eaux Si vous avez suivi attentivement les épisodes précédents, vous pouvez en déduire que je franchirai finalement 5 fois cette ligne de partage des eaux : la 4ème fois, pour retourner chercher mon visa ouzbek à Téhéran, et une 5ème fois quand je passerai d'Iran au Turkménistan.

jeudi 16 avril 2015

Téhéran - Semnan

Vali Asr nord La nouvelle du jour, c'est que j'ai traversé Téhéran à vélo et que c'était super !

En effet pour aller de l'hôtel où Delila m'avait déposée (parce qu'elle hébergeait d'autres invités pendant ma dernière nuit à Téhéran) à la gare, j'ai juste eu à me laisser rouler le long de Vali Asr, la plus longue avenue du Proche-Orient : 16 km, 300m de dénivelé descendant, et, cerise sur le gateau, dans un couloir bus tout le long. Vali Asr sud, gare de Téhéran

Le couloir bus était encombré dans son tronçon central, et il y avait 2-3 gros giratoires, mais globalement c'était facile.

A la gare, on a commencé par me dire que le train Téhéran - Semnan n'avait pas de place pour les vélos mais tout s'est arrangé sans trop de difficulté.

Chaartaar : "Ghataar", album Baraan toee

J'ai donc pu embarquer dans un beau train tout neuf à 2 niveaux. A bord, un agent des RAJA (la SNCF iranienne) s'occupe de nous abreuver en eau, thé ou nescafé. Bon rapport qualité/prix : à peu près 3 € les 180 km.

Hall des départs, gare de Téhéran J'ai été impressionnée par un nouveau changement de climat assez brutal : dès qu'on s'écarte un peu de Téhéran par le sud ou l'est, on arrive dans le désert du Dasht e Kavir. Confins du Dasht e Kavir

Dôme du mausolée de la grande mosquée de SemnanA Semnan j'ai été invitée par l'étudiante en génie électrique qui avait la place juste à côté de moi dans le train. Elle voulait me présenter à sa tante et son oncle, qui enseignent l'anglais.

Au cours du repas familial, on m'a appris que Semnan revendique d'avoir les meilleures aubergines d'Iran. Le qashk e bademjan (spécialité à base d'aubergines, fromage, noix et herbes) était en effet particulièrement savoureux.

Tchaï et autres distractions

Ali Zand Vakili : "Shabhaye Tehran", album Yadi be range emrooz

Les Iraniens aiment bien grignoter avec le thé, ou prendre un thé quand ils grignotent. Il existe de nombreuses sucreries, en géneral très parfumées (pistache, rose, safran, cardamome, cannelle,...) mais on peut aussi opter pour du grignotage plus diététique : on sert souvent des fruits frais avec le thé.

Coupe de fruits Et même si vous n'avez pas assez faim pour une orange ou une pomme entière, vous aurez du mal à refuser des morceaux de fruits que vos hôtes découpent pendant que le thé infuse... La coupe de fruits inclut souvent de petits concombres, c'est rafraichissant.

Amandes vertes En avril-mai, on peut aussi grignoter des amandes vertes encore tendres, qu'on mange entières avec un peu de sel.

Sabzi et amandes vertes Un autre truc qu'on aime bien en Iran, c'est grignoter du sabzi, c'est-à-dire des herbes fraîches, avec le repas : persil, coriandre, basilic, menthe, ciboulette, roquette, poireau, aneth, cèleri,.... sont servis mélangés sur un plateau en même temps que les autres plats.

Square Vali Asr. Joueurs d'échecs. Enfin, je n'ai pas fait que manger et traîner dans les consulats à Téhéran, quand même. J'ai flâné un peu, en particulier aux abords du square Vali Asr, où les joueurs d'échecs font des parties à une vitesse impressionante. Au fait, le nom allemand et russe des échecs, ça vient du shah de Perse.

Et bien sûr j'ai aussi flâné au grand bazar de Téhéran, très animé. Pas plus de choix qu'à Ispahan, mais le rapport qualité/prix des tapis y est plus intéressant. Avis aux amateurs : si vous voulez passer une commande, je repasserai à Téhéran dans 1 semaine pour récupérer mon visa ouzbek. Tapis qashqay En attendant, je vais décrocher un peu du wifi et aller visiter Badab e Surt, dans les montagnes entre Téhéran et Gorgan.

lundi 13 avril 2015

Etape 1 : prolongation du visa iranien

Darband, un quartier touristique au nord de Téhéran Tous les services auxquels j'ai affaire sont ouverts seulement le matin, et sont dispersés dans Téhéran, une ville où on perd pas mal de temps en transports. Et ils ne sont pas toujours très proches d'une station de métro. Je dois donc enchaîner les étapes l'une après l'autre, matin après matin, en attendant que l'administration N me rende mon passeport avec un tampon supplémentaire, pour le déposer à l'administration N+1. L'après-midi je peux buller, faire du tourisme et pondre des pages de blog.

Hijab normal Pour la première étape, la prolongation du visa iranien, mon hôte Delila m'a bien aidée. Elle m'a conduite au Ministére des Affaires Etrangéres qui nous a envoyées à la mauvaise adresse, puis à la bonne (voir mise à jour dans la page "Visas et permis : adresses"). Delila m'a menée rapidement au bon bureau puis aux bons guichets, dont le gars sur le trottoir qui vend 350 000 rials les coupons-reçus de 300 000 rials de la Melli Bank (soit 1,4€ de commission pour nous éviter de courir jusqu'à la banque je ne sais où), et le très folklorique guichet "photoshop".

Hijab-PhotoshopEn effet, à Téhéran, le chef du service exige des photos d'identité avec hijab pour les femmes. Mais pas de souci : à l'entrée de la salle d'attente, une fonctionnaire passe son temps à copier-coller des capuches-photoshop sur les photos d'identité normales avec son ordi + scanner, et les imprime pour la modique somme de 90 000 rials (2,6€) les 6 photos islamiquement correctes.

C'est nettement moins sexy que les écharpes élégamment portées aussi en arrière que possible qu'on voit dans les rues... Mais c'est rigolo. Ce qui est moins drôle, c'est qu'ils gardent mon passeport 48 h pour traiter mon dossier, alors que j'en ai besoin pour la suite (retrait de la lettre du consulat de France pour le consulat d'Ouzbékistan). Elegante citadine iranienne

Ey Iran

Ce chant patriotique "Ey Iran", très populaire en Iran et dans la diaspora iranienne, aurait pu devenir l'hymne national iranien après la chute du Shah, mais les ayatollahs en ont décidé autrement. En voici une version rajeunie par un groupe italo-iranien (cliquer sur l'annexe si ça ne marche pas ci-dessous).

Dia & Imaan Faith : "Ey Iran"

... et une autre version que j'aime bien aussi, proposée par un des artistes que mon hôte Delila m'a fait découvrir : Ali Zand Vakili, qui interprète ce tube avec Mohammad Zand Vakili et un orchestre traditionnel iranien. Les variations s'inspirent du folklore de différentes régions d'Iran.

Zand Band : "Ey Iran"

Les photos-souvenir au smartphone sont très populaires en Iran.

samedi 11 avril 2015

Arrivée à Téhéran

Pour éviter les voies express monstrueuses de Téhéran, j'ai pris un bus à Karaj, à une quarantaine de km de Téhéran ; puis un taxi du terminal Azadi jusqu'à l'immeuble de mon hôte, une Iranienne que j'avais rencontrée à Abyaneh l'an dernier.

Téhéran Elahyeh Siavash Ghomayshi : "Tehran"

C'était en fait un autocar longue distance dont une partie des passagers sont descendus à Karaj ; le conducteur m'a proposé de prendre gratuitement une des places libres. Mais à mi-chemin, sur l'autoroute 2x5 voies, le bus est tombé en panne. Les passagers sans vélo ont tous fini leur trajet en stop pendant que le chauffeur et son assistant changeaient la courroie de distribution. Téheran. Bagh Ob e atash Pour entrer dans Téhéran, j'avais donc le bus "VIP" Peyman Iran, son chauffeur Reza et son assistant Hamid pour moi toute seule. Ils m'ont servi le thé à bord et ont discuté le prix du taxi pour moi à l'arrivée.

Quartiers nord de Téhéran. La montagne toute proche est encore enneigée. Téhéran n'est que la dernière des capitales d'Iran, après Persepolis, Suse, Hamedan, Shiraz, Tabriz, Ispahan, Mashhad, Nishapur, Ardabil et j'en oublie sûrement. Mais c'est devenu une ville énorme sillonnée par des voies express. J'abandonnerai mon vélo dans le garage de mon hôte. Et moi, je crèche au 6ème étage d'une tour assez chic dans les quartiers nord.

Au menu des jours qui viennent : corvées administratives. Je dois prolonger mon visa iranien (le temps passe vite en voyage...), puis obtenir mes visas ouzbek et turkmène.

vendredi 10 avril 2015

Alborz central

Alborz central. Route Chalus - Téhéran.

Ali Gerayli : "Kija amirkelaie" (chant mazandarani)

Coin à pique-nique vers Marzan Abad La route Chalus - Téhéran n'est pas vilaine du tout, mais ce n'est pas un paradis pour cyclotouristes.

Il y a pas mal de circulation, et très peu de coins propices au bivouac en amont de Marzan Abad, où malgré ma faible vitesse et mon départ pas très matinal, je suis arrivée trop tôt pour bivouaquer dans les prairies boisées.

Marzan Abad

Route Chalus-Teheran, bivouac typique Plus haut dans les gorges, les seuls coins possibles pour camper étaient les terrasses de bistrots ou les parvis de mosquée au bord de la route. Pas génial, mais au moins j'avais des WC avec douchette (ah, ça, ça va me manquer en Asie centrale). Alborz, descente sur Téhéran La route serpente longuement (2600m de dénivelé) dans des gorges ou vallées encaissées. Le changement de végétation et de climat est moins marqué et plus progressif dans la province du Mazandaran qu'entre les provinces d'Ardabil et Gilan. Et j'ai eu beaucoup de chance : 4 jours sans pluie depuis ma descente froide et humide côté Gilan ! L'orage a gentiment attendu mon arrivée à Téhéran.

mardi 7 avril 2015

Darya ye Khazar

Darya, c'est la mer. Darya ye Khazar est le nom persan de la Caspienne. Darya ye Khazar

Côte Caspienne Les géologues considèrent que la Caspienne est une ancienne mer devenue lac ; son statut juridique est contesté par certains Etats riverains (je ne sais plus lesquels, parmi Iran, Azerbaidjan, Russie, Kazakhstan et Turkmenistan). Ce statut de mer ou de lac change, entre autres, les règles de répartition des eaux territoriales, et donc du pétrole qui est en-dessous... Mer Caspienne, Chalous. Pêcheur relevant ses filets

On m'avait prévenue que la côte est plate et bétonnée quasiment tout le long. Centre-ville de Rasht entre 2 averses

Bus Rasht-Chalous J'ai donc préféré faire ce tronçon Rasht-Chalus en bus, sans regret, même si les Iraniens ont un peu de mal à comprendre que les cyclo-voyageurs zappent ces tronçons touristiques et font à vélo les tronçons "trop durs". Parce qu'après Rasht-Chalus, je vais devoir franchir de nouveau la barrière de l'Alborz, avec 2600m de montée côté humide.

Dans le bus, le chauffeur avait mis des chansons de Googoosh, une star très populaire en Iran avant la Révolution islamique (cliquer ci-dessous ou sur l'annexe).

Googoosh : "Ki midoone chi pish miad"

Mon hôte motard talysh

En franchissant la crête ouest de l'Alborz, on ne passe pas seulement des hauts-plateaux secs et continentaux à un littoral tempéré et humide, à la limite presque subtropical. Rizière, province de Gilan On passe aussi de l'Iran turcophone à l'Iran persanophone, ou presque : j'ai été hébergée par une famille talysh.

Rastak : "Ra'na" (chant gilaki), album Hameye Aghvame Man

Erfan, ses parents et sa grand-mère Alors que je venais d'arriver en même temps que la nuit à Punel, un motard me voyant arrêtée au bord de la route m'a dit qu'il y avait un petit hôtel un peu plus loin à droite, mais que je pouvais venir chez lui. Détail : il habitait "pas loin", sur ma route, mais à une vingtaine de kilomètres de là. Et comme j'allais lentement et que sa petite famille l'attendait pour dîner, il a commencé par me tendre la main pour me tirer. La technique s'avérant moyennement satisfaisante, il a fini par se caler juste derrière moi pour pousser le vélo par les sacoches arrière. C'était nettement mieux. Enfin, faut quand même avoir un vélo avec une direction bien stable et des fixations de sacoches solides : merci Cycles Cattin et Ortlieb...

lundi 6 avril 2015

Barrière climatique de l'Alborz

Pas le temps de sombrer dans la mélancolie après mon petit séjour chez mes amis ardabilis : l'étape suivante était intéressante et vivifiante.

Hayedeh : "Saghar hasti"

J'ai pris un savari (taxi partagé iranien) jusqu'à Khalkhal. Puis je suis montée à vélo jusqu'à 2 cols voisins, dont celui à 2230m qui était vraiment sur ma route, avant de plonger vers la Caspienne (-30m). Je n'avais encore jamais rencontré un changement climatique aussi brutal.

Côté Ardabil, bel après-midi ensoleillé et paysage semi-aride. Khalkhal - Kolur Premières plaques de neige juste avant le col, face au sommet de la mer de nuages. Col 2230m. Prêts pour le plongeon dans l'eau froide? Côté Gilan, épais brouillard givrant. Premiers virages de la descente vers la Caspienne. En guère plus de 1 km, à altitude égale, la température est passée de +23 à -2 degrés, et l'épaisseur des moraines de neige de presque rien à près de 2 m... Ceci n'est pas une burqa ! Et plus bas, herbe verte et forêt, mais je n'ai pas pris de photo avec le smartphone parce que j'avais froid aux doigts. J'ai juste 2-3 photos dans le vrai appareil, que je peux manipuler avec gants... Gilan. Descente de Khalkhal vers Punel.

dimanche 5 avril 2015

Ardabil

Ardabil, cheikh Safi-al-Din khanegah

Devanture à Sareyn, station thermale proche d'Ardabil Les pauses se suivent mais ne se ressemblent pas. Il y a peu de touristes étrangers à Ardabil et généralement ils ne font que passer. J'y suis restée plus longtemps que "prévu", juste parce que j'étais tellement bien chez mes hôtes...

Dang Show : "Halva", album Dang Show Room

Je n'ai pas seulement été nourrie, logée, blanchie. J'ai passé des moments inoubliables avec eux, chez eux, chez leurs parents, à la station thermale de Sareyn (sources chaudes, sauna, hammam...), et le long de la route d'Heyran, entre Ardabil et la Caspienne. Le frère et le beau-frère de mon hôte m'ont gratifiée d'un petit concert privé le soir de mon arrivée, et nous avons beaucoup discuté. Heyran. Vue plongeante sur la Caspienne.

Ils m'ont demandé de ne pas les citer, et de ne pas publier d'images permettant de les identifier, car pour héberger des étrangers, il faut théoriquement faire une déclaration préalable à la police. C'est tellement contraire à la tradition d'hospitalité des Iraniens qu'absolument personne ne respecte cette règle, mais mes hôtes font partie d'une catégorie plus surveillée que la moyenne de la population. Un grand merci à mes bienfaiteurs "anonymes"...

Ardabil. Abords du sanctuaire Cheikh Safi-al-Din Ils changeaient de téléphone ou de carte SIM pour une partie de leurs communications. Je ne leur demandais pas pourquoi, je m'en doutais un peu. Avec une politesse toute persane, peu avant que je les quitte, mes hôtes se sont excusés de paraître "un peu paranoïaques", et m'ont expliqué qu'un de leurs proches était en prison depuis peu. "Simple" prisonnier politique ou accusé d'intelligence avec le Grand Satan, ils ne savaient pas précisément. Une allée du bazar d'Ardabil, un jour férié (Sizda bedar).

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