On trouve sur le web des centaines de page décrivant l'équipement de chacun. Je me limiterai à quelques commentaires et avis sur ce que j'ai utilisé pour le bivouac et pour mon petit confort, sans proposer d' "étude de marché" prétendant donner "la meilleure" solution. De toutes façons, l'optimum dépend des priorités de chacun (choix d'un compromis confort / allègement / prix, et de ce à quoi on tient) , et de où et quand vous allez voyager. Bivouac **** dans la vallée du Pyanj. En face, l'Afghanistan

Si vous avez des questions ou remarques à ce sujet, la fonction "Commentaire" n'est pas prévue en bas des pages de cette rubrique, mais vous pouvez participer là :

>> Tri sélectif et départ pour l'aventure

Mon équipement spécifique vélo est détaillé dans ces 2 pages de la rubrique "Boîte à outils" : >> vélo, et >> accessoires.

Presque tout mon équipement était récent, mais pas neuf. Tout avait été utilisé, donc testé, avant le "grand départ", sauf mon montage dynamo + chargeur, mon gilet en duvet de canard, mes moufles "imperméables" et les semelles intérieures de mes chaussures vélo, que j'ai changées à Istanbul parce que j'avais froid aux pieds.

Ma tente séchant sur un kozolec, séchoir à foin slovène

Tigran Hamasyan : "These houses" (album World Passion)

Tente(s)

Critères de choix

Mes critères prioritaires de choix de tentes sont :

  • la structure avec tente intérieure accrochée dans le double toit de sorte qu'on peut aussi bien les monter en même temps (et non pas tente intérieure d'abord puis double toit ensuite) que les séparer. Je trouve ces tentes un peu plus faciles à monter seul quand le vent souffle. Et surtout, quand il tombe des cordes, j'apprécie de pouvoir monter rapidement la tente sans mouiller l'intérieur. Ensuite, pouvoir les séparer facilite le séchage.
  • la présence d'une abside assez spacieuse pour pouvoir y entreposer sacoches et chaussures sans boucher le passage. Ainsi, j'ai le contenu des sacoches à portée de main sans salir la chambre (mes sacoches sont souvent poussiéreuses ou boueuses), et au besoin je peux me changer ou préparer le casse-croûte dans l'abside.

Après un premier tri sur ces 2 critères, je tiens compte du rapport volume/poids et de la solidité (toile et arceaux), de la qualité de conception (facilité de montage et réglage), et de la polyvalence (aération modulable, possibilité de monter chambre ou double toit indépendamment, autoportance). Et j'élimine les tentes monoparois : à vélo, on n'est pas à 400 g près, et j'aime vraiment mieux porter 400 g de plus plutôt que de subir la condensation à l'intérieur. NB : je ne parle pas ici de tentes destinées à l'alpinisme, où il faut pouvoir s'accommoder de neige + vent violent + emplacements exigüs + sol rocheux : ceci impose d'autres priorités. Bivouac peu avant le col Khaburabod, versant nord

Mes tentes

J'ai voyagé avec une Exped Vela Extrem (1,8 kg pour 1 place), puis dans la partie où on devait voyager à 2, une Hilleberg Anjan 3 (1,9 kg pour 3 places serrées -> catégorie "Ultra Light"). Ce sont 2 très bonnes tentes, bien conçues, résistant bien au vent et à la pluie, et où la condensation reste raisonnable. Chères, mais si on convertit ce prix en nuits d'hôtels économisées, c'est assez vite amorti. Et non auto-portantes : j'avais longuement hésité sur ce point, mais finalement j'ai renoncé à l'auto-portance pour privilégier d'autres critères. Ces 2 tentes peuvent se monter double toit seul, mais je n'utilise jamais cette option car je suis un excellent attracteur de moustiques. Ces 2 tentes peuvent aussi se monter avec le double toit plus ou moins largement relevé et roulé pour mieux aérer.

Tente 3 places spacieuse pour 2 cyclistes européens, ou pour 4 à 6 enfants tadjiks J'avais choisi une tente 3 places pour 2 personnes, pour éviter que les duvets touchent les parois, et pour une cohabitation plus confortable sur une durée de plusieurs mois. Bien sûr, comme je me suis retrouvée seule suite au rapatriement de ma coéquipière, c'était carrément surdimensionné, mais j'avais déjà renvoyé la tente 1 p. par colis postal de Dushanbe.

Les toits ont généralement une étanchéité suffisante, mais attention au sol des tentes "UltraLight". Il est soumis à des conditions plus difficiles. Ma tente 1 p. Exped Vela a un sol étanche jusqu'à 10'000 mm d'eau, et je l'utilisais sur un tapis de sol assorti, lequel couvre aussi l'abside. Ma Hilleberg Anjan a un sol étanche à 5'000 mm d'eau + tapis de sol idem sous la chambre + couverture de survie réutilisable sous l'abside. Ces 2 tentes ont subi des nuits d'orage avec averses abondantes au point que la tente trempait dans des flaques d'eau. Avec la Hilleberg, pas de souci avec le double toit ni sur les côtés, mais le sol était un peu humide sous le matelas au petit matin ; aucune infiltration dans la Exped, à condition d'enduire les coutures du double toit de SilNett ou produit équivalent après réception, et de la tendre correctement.

Tente amarrée à des cailloux et une traverse de chemin de fer tombée du camion. Bakhordak, Karakum km 90

Bahordak, Karakum km 90. Bivouac pas très glamour vu sous cet angle... Seuls petits reproches à la Exped Vela : pas facile de bien tendre le toit sans qu'il touche la chambre ; mais ça va si on sépare les mini-mousquetons à chacun des 2 bouts pour mettre 2 sardines légèrement décalées au lieu d'une commune. Noter une limitation : cette tente s'affaissera sous une chute de neige. Et elle devient vite basse de plafond quand on s'écarte du centre, mais ça ne m'a pas gênée.

Un gros avantage assez unique de cette tente Exped Vela : aucune fermeture-éclair sur le double-toit, donc un point faible classique supprimé ! On ouvre/ferme en faisant coulisser le toit le long de l'arceau (le fourreau est assez large).

Bivouac au pied de la montée du Khaburadod

Seuls petits reproches à la Hilleberg Anjan : zip fragile qui a tendance à accrocher un peu dans la partie courbe en haut de la porte du double toit (NB: la forme de l'ouverture a changé sur les modèles récents, c'est peut-être mieux), et textile du double toit un peu plus bruyant dans le vent. Je craignais d'être gênée par l'espace entre bas du double toit et sol en cas de mauvais temps, mais finalement non : comme on peut coucher aussi bien tête au fond ou côté porte, on peut généralement monter la tente "dans le bon sens", arrière sous le vent. Tant que la direction du vent est stable, ça va bien car l'arrière du toit descend jusqu'au sol (mais pas l'avant, ni les 2 côtés à la fois).

Pour info, j'avais aussi voyagé une fois avec une tente 2 p. Vaude Power Ferret UL : c'était difficile de tendre les 2 "casquettes" en bout de tente, et 1 des 2 arceaux principaux a cassé au bout de 3 semaines d'utilisation. Vaude l'a échangé sous garantie, et j'ai vite revendu cette tente d'occasion. A un certain point, l'allègement du matériel finit par se faire au détriment de sa solidité et de sa durée de vie...

Tenue au vent

A 4200m, peu avant le col de Kargush. Sol meuble avec cailloux pour un bivouac bien venté... Une bonne tenue au vent est utile dans le Pamir : même quand j'ai ma tente 2p autoportante (la Exped Venus 2 Extrem que j'avais en Sibérie, car c'est la seule de mes 3 tentes qui puisse résister à une bonne chute de neige), je haubanne toujours, donc a fortiori pour les tentes non autoportantes que j'ai utilisées pendant ce voyage. Les haubans Hilleberg sont faciles à régler et serrer même avec des gants. Les haubans Exped sont difficiles à manipuler avec des gants, mais sont à boucle ouverte : on peut les passer autour d'un objet du type tronc d'arbre ou barrière sans défaire de nœud, c'est bien pratique.

Clou, sardines, ancre pour arrimer la tente dans des sols durs ou mous

Ancrage de la tente

Pour arrimer la tente, j'avais :

  • 2 jeux de sardines : sardines alu en Y 18 cm pour les sols pas trop durs, clous titane 16 cm pour les sols bien durs.
  • 4 sardines géantes en U 30 cm et 4 ancres en toile nylon pour les sols très mous (sable, neige, matelas d'aiguilles de mélèzes...)
  • quelques sangles pour pouvoir amarrer la tente à un arbuste, à un rocher, à une barrière, à un plot en béton, ou au vélo... Ces sangles très pratiques pouvaient avoir d'autres usages pendant la journée : ceinture, attacher un sac sur le porte-bagage, attacher le vélo sur le toit d'un taxi.

Les clous Ti et les ancres en toile nylon m'ont relativement peu servi, mais j'ai tout utilisé à un moment ou un autre.

Tente non autoportante sur terrasse bétonnée : avec sangles et parpaings, pas de problème... Moyennant quoi, je n'ai pas vraiment été gênée par le fait d'avoir une tente non auto-portante, même si ça m'a parfois obligée à passer un peu plus de temps sur le choix d'un point de bivouac + montage de la tente. Il faut dire que je voyage à un rythme tranquille, et la recherche d'un coin de bivouac est pour moi une agréable distraction : je suis plus attentive aux détails du paysage pendant cette phase. Cela m'a parfois permis, par exemple, de remarquer des sources dans un tronçon où certains cyclo-voyageurs fonceurs, pourtant passés peu avant moi, disaient qu'il n'y avait pas d'eau... J'avais croisé près de Khorog David et Julia, qui, voyageant à un rythme proche du mien, m'avaient fait la même remarque.

Couchage

Lit

A chacun de voir selon le degré de souplesse de son dos. Je suis passée du matelas auto-gonflant ThermaRest au matelas pneumatique Exped Synmat, un petit peu plus confortable, et plus compact une fois roulé. Il est fourré d'un fin duvet synthétique qui rend ce matelas plus isolant que la majorité des matelas mousse ou autogonflants. J'avais bien sûr pris le kit rustines + colle livré avec, mais je n'en ai pas eu besoin (je faisais bien attention au sol avant de monter la tente ! ). J'avais un oreiller gonflable , indispensable pour moi, en plus des ersatz habituels (gilet en polaire, serviette,...). Ashkabad - Konye Urgentch. Bivouac au km 200

J'ai aussi emporté un accessoire qui a bien amélioré mon confort : un bout de matelas en mousse très fin Exped Evazote découpé à 50cmx1m. Je m'en servais pour envelopper l'oreiller (sinon il glissait sur le matelas), comme sidoushka pendant les pauses pique-nique, ou pour les petites siestes le long de la route. Je le rangeais plié en 3 dans le sac à dos très léger non matelassé (25 litres, 280g, étanche), le portage était plus confortable quand je faisais une excursion à pied. La couverture de survie réutilisable qui servait de tapis de sol sous l'abside de la Hilleberg la nuit pouvait servir de tapis de sol pour pique-nique ou sieste pendant la journée.

Literie

Je m'attendais à rencontrer de grandes amplitudes thermiques et un climat plutôt sec : j'ai logiquement privilégié un sac de couchage en duvet. C'était un Yeti sur mesure (165cm) de 870 g dont 500 g de duvet 850 cuin (soit l'équivalent d'une charge de 560 g en longueur "standard" de 185 cm). Leur gamme a changé, mais mon duvet ressemble beaucoup au modèle Yeti - Baza. Le site web de Yeti ne mentionne pas la possibilité de commander un duvet sur mesure, je ne sais pas s'ils le font toujours.

Une spécificité intéressante de ce sac de couchage Yeti : le duvet est compartimenté, mais les compartiments font le tour. On peut donc modifier un peu la répartition du duvet entre "dessus" et "dessous" (dessus = au-dessus du ventre quand on est couché sur le dos). Bon à savoir s'il fait froid et qu'on a un bon matelas.

Ce duvet était très confortable pour moi jusque vers -5°C, en dormant avec chaussettes + collant + pull en laine mérino. Quand il faisait frais mais pas froid, je l'utilisais ouvert, en couette. Sinon, je fermais le douillet sarcophage jusqu'au menton + capuche. Je m'enfilais toujours dans un "sac à viande" pour ne pas salir le duvet ; c'était un sac en soie, plus compact et léger que le coton, et qui sèche plus vite. Bivouac *** à 3000m, versant nord du col Khaburabod

Cuisine & popote

Réchaud

Réchaud multi-combustible (gaz + essence) bien pratique en Asie centrale. Sur les hauts plateaux du Pamir, il n'y a pas d'arbres ; les plantes combustibles rabougries servent aux gens du coin, ils font des kilomètres pour en cueillir.

J'avais un Primus Omnifuel "ancien modèle", acheté en 2011. J'avais bien pris un "kit entretien" réchaud + pompe cette fois, je n'en ai pas eu besoin. Pendant les 2 voyages précédents, je n'avais pas le kit, et j'ai eu 2 fois un problème :

  • fuite dans la pompe à essence : humidifier ou lubrifier le joint en cuir à l'intérieur suffit parfois. Certains se dépannent en bricolant un embout pour mettre la pression avec la pompe du vélo + une valve Schraeder, pas bête !
  • j'ai perdu la rondelle plate à 3 pattes, indispensable, qui répartit la flamme au-dessus du brûleur. Sur les nouveaux modèles, cette pièce est attachée avec un petit anneau métallique.

Combustibles

En Iran je n'ai quasiment pas utilisé mon réchaud : les Iraniens m'ont bien nourrie. J'ai trouvé des cartouches de gaz à valve compatible Primus MSR et équivalents à Téhéran, dans le centre commercial d'articles de sport sur Vali Asr, tout près de la station de métro Moniriyeh. Paraît qu'il y en a aussi à Mashhad. Cartouches de gaz aussi à Bishkek chez Red Fox / Ak Say. Ce magasin a déménagé courant 2015 de la rue Sovietskaïa à Ibrahimova. A Osh je n'ai pas cherché mais il y en a certainement puisqu'il y a quelques agences locales qui organisent des treks dans le Pamir Alaï. Je n'ai pas vu de cartouches de gaz au Tadjikistan ; une cyclote a signalé sur un forum qu'elle avait vu en 2016 des cartouches de gaz à Dushanbe (boutique de sport avenue Rudaki) et à Khorog (office du tourisme) mais d'autres cyclos ont trouvé le stock vide quelques semaines plus tard.

Petite station service tadjike entre la frontière ouzbeke et Buston Au Tadjikistan j'ai trouvé de l'essence correcte, à 92% d'octane, à Khudjand et Dushanbe bien sûr, mais aussi à Qala i Khum, Khorog, Ishkashim et Murgab. En Ouzbékistan où le parc automobile roule plutôt au gaz, j'ai dû faire un plein d'essence à 80%, ça encrasse vite (j'ai nettoyé les injecteurs avec l'aiguille de l'outil fourni avec le réchaud) . NB : en Asie centrale, on peut se dépanner en achetant de l'essence en vrac quand on voit des stands exposant des bouteilles ou petits jerricans en bord de route. Qualité aléatoire.

Le vélo de Michael dans le Pamir : sur un cadre grande taille, on peut ranger pas mal de choses Je stockais l'essence dans un bidon 600 ml de même marque que le réchaud, rangé dans mon 3e porte-bidon sous le cadre. Comme ça, le contenu de ma sacoche ne sentait pas trop l'essence (juste un peu à cause de la pompe du réchaud). Les cyclistes qui ont un grand cadre peuvent rouler en laissant la pompe dans la bouteille sur le porte-bidon, en l'encapsulant dans un sachet pour ne pas l'encrasser en roulant. J'essuyais toujours le goulot de mon bidon d'essence avant utilisation, pour éviter que poussière et boue qui s'y accumulaient en roulant aillent encrasser pompe et injection.

Méfiez-vous des briquets

La plupart des briquets fonctionnent mal ou pas du tout en haute altitude ( > 3500m), et l'allumage est parfois difficile par temps humide.

Briquet torche Blazer, et briquet à essence True Utility J'avais emporté :

Je les ai bêtement perdus au fil du voyage, et je me suis retrouvée dans le Pamir avec 3 briquets piézo bas de gamme. Aucun n'a marché au-delà de Langar (3000m). Donc malgré les inconvénients pratiques des allumettes ou autres allume-feu "manuels", dorénavant j'en aurai en dépannage.

Bivouac à 4200m au pied du col Ak Baytal

Vaisselle

Je me contentais de cuisine très basique en route ; il y avait souvent de petits restaus pas chers pour améliorer l'ordinaire. Mon matériel était donc léger :

  • popote titane 0,9 litre avec couvercle pouvant servir d'assiette ou de mini-poêle
  • cuillère pliante titane,
  • opinel. En Iran et en Asie centrale, les couverts dans les petits restaus se réduisent souvent à une cuillère, donc je gardais l'opinel à portée de main dans ma sacoche de guidon.
  • 1 boule à thé, 1 boîte à œufs 2 places en plastique solide (quand j'en avais, je transportais les œufs crus), 3 petites boîtes en nalgène (sel, paprika, herbes de Provence), 1 flacon 100 ml d'huile d'olive (à ranger debout dans la popote pour éviter les fuites), quelques sachets ziploc et quelques sacs nylon étanches légers pour ranger le ravitaillement. Pour l'huile, à la place d'un flacon Nalgene qui avait tendance à fuir, j'ai finalement recyclé un flacon de sirop contre la toux.
  • ouvre-boîte ultra-compact. Comme je l'ai oublié à Dushanbe, je me suis dépannée dans le Pamir en utilisant comme burin le solide couteau que j'avais acheté à Téhéran pour remplacer un opinel perdu. Bien sûr, ça a un peu abîmé la lame, mais je ne l'ai fait que 2-3 fois, donc rien de bien méchant.

Pallett : "Fish and cat", album Shahre man bekhand

Ravitaillement Secteur des fruits au bazar Shahmansur, Dushanbe

Dans mon stock de bouffe, j'inclus toujours quelques produits consommables sans cuisson, à choisir parmi : fruits secs, lait en poudre et flocons d'avoine ou autre muesli, fromage, poisson en boîte, sarrasin ou semoule de couscous pré-cuit, nouilles "chinoises" instantanées (en Asie centrale ce sont en fait des soupes aux vermicelles russes ou kazakhes),... Quand le contexte et le climat s'y prêtent, j'essaie d'avoir un minimum de fruit ou légume frais (pomme et carotte sont les plus faciles à transporter) et de pain. Marchande de kurut (fromage sec) au bazar Chorsu, à Tashkent Même si je voyage dans des pays où l'hospitalité est telle qu'il est parfois plus facile de se faire inviter que de bivouaquer seul, je transporte toujours un minimum de ravitaillement, pour ne pas vivre aux crochets des habitants. Parfois, quand il m'en reste, je partage des bricoles avec mes hôtes s'ils sont dans un coin démuni (chocolat, fruit ou légume, boîte de sardines,...). En général, je transporte de quoi me nourrir jusqu'au prochain magasin, plus de quoi faire au minimum une étape supplémentaire pour parer aux imprévus : rencontre ou bivouac de rêve, coup de fatigue, météo pourrie... Dans le Pamir j'avais augmenté ce "facteur de sécurité" car les distances entre magasins sont importantes, ils sont chichement achalandés, et les coupures de routes ou pistes ne sont pas exceptionnelles.

Eau

Les distances entre points de ravitaillement peuvent être relativement longues dans les déserts d'Asie centrale et d'Iran. Dans le Pamir par contre, on trouve souvent de l'eau claire en montagne, sauf 2 tronçons assez secs entre le col Kargush et Alichur, puis entre Karakul et le col Kyzyl Art. En plaine l'eau des ruisseaux est souvent trouble. Tashkent, fontaines de la place Mustaqillik

Filtre à eau

J'avais emporté un filtre à eau, car les pastilles de type Micropur ne sont efficaces que pour de l'eau déjà claire, et sur la durée, elles attaquent la flore intestinale. Avec filtre, on a très rarement besoin de transporter des réserves d'eau pour plus de 1 jour, parfois 2. J'avais un simple filtre à membrane Sawyer - Careplus dans lequel on fait passer l'eau en comprimant une vache à eau souple. Le pas de vis du filtre Sawyer - Careplus est compatible avec les vaches à eau Orlieb, très pratiques avec leurs sangles, et d'un bon rapport qualité/poids.

Il est, je pense, plus fragile qu'une pompe à piston + cartouches. Attention : la membrane de ce filtre ne résiste au gel que si elle est sèche. J'ai évité de filtrer des eaux trop troubles et je le rinçais régulièrement. Pour filtrer une eau boueuse, on peut pré-filtrer avec les moyens du bord (filtres à café, tissus à mailles très fines,...). Parfois j'achetais une bouteille d'eau pour économiser le filtre.

J'ai pris l'habitude de filtrer systématiquement après ma 3ème gastro car je soupçonne —sans certitude— que, contrairement aux 2 premières déclenchées par de la viande hachée frite à l'huile de coton, elle a été provoquée par l'eau fraîche d'un ruisseau tadjik. Je diluais un peu de Micropur dans ma vache (1 ou 2 pastilles pour 4 litres) seulement quand je devais transporter l'eau pour 2 jours ou que j'étais à proximité immédiate de troupeaux. Sinon je me contentais de filtrer, ou de faire bouillir. Bivouac près d'une ferme en montant au col Shakhristan

Récipients

  • 2 vaches Ortlieb de 4 litres, une noire pour l'eau à filtrer ou non destinée à la boisson, une bleue pour l'eau pure ou filtrée. Dans le Pamir, une vache de 4 litres et une bouteille PET suffiraient, mais j'aime bien me laver chaque jour, et boire beaucoup pour éviter les tendinites. Et pour la traversée du Karakum, 5 litres ne suffisent pas (dans un désert, à + de 40°C, je bois 6 à 8 litres par jour).
  • une bouteille PET 1,5 litre (récup eau minérale gazeuse ou soda) dans le porte-bidon grand format.

Après mon retour, et pour les voyages suivants, j'ai remplacé le bidon 750 ml qui commençait à fuir par une gourde isotherme 500 ml à double paroi inox, à bouchon vissé "normal". En pratique, en voyage, je n'ai pas besoin d'un bouchon spécifique qui permet de boire en roulant. Par contre, quel luxe de pouvoir boire du thé chaud quand il fait froid, ou de l'eau fraîche quand il fait chaud ! Certes, pour maintenir l'eau fraîche, on peut se contenter de mettre une gourde non isotherme dans une grande chaussette qu'on maintient mouillée, mais cette méthode de refroidissement consomme de l'eau. Et ça ne peut pas servir à avoir de l'eau chaude par temps froid, ou de l'eau liquide par temps très froid.

Toilette et lessive

Pause casse-croûte et toilette sur un chantier abandonné près du lac Karakul En cours de route, je me suis progressivement habituée à faire ma toilette en cours de journée, pas forcément au bivouac. Plein d'avantages : on peut profiter d'un point d'eau ailleurs qu'au bivouac puis d'un bivouac sans point d'eau. On a moins froid quand on se lave par temps frais. Par temps chaud, ça fait une pause rafraîchissante (il suffit de se re-rincer sommairement avant de se coucher, ça ne consomme pas beaucoup d'eau).

Je lave tout au savon : moi, mes vêtements, ma vaisselle. En voyage, je fais souvent de petites lessives (sous-vêtements, chaussettes et tee-shirt), pour ne pas avoir besoin de beaucoup de vêtements de rechange. J'avais aussi emporté une petite boîte cylindrique format pellicule photo 24x36 de lessive : elle me servait très occasionnellement en hôtel si je voulais laisser tremper un vêtement avant de le laver. J'ai rechargé quelquefois cette petite boîte à partir du stock de lessive de certains de mes hôtes. Shing, vallée des Haft Kul. Une activité familiale et ludique : lavage de tapis. J'emporte de préférence du savon de Provence artisanal fabriqué près de chez moi, ou du savon d'Alep bio. J'en emporte un "normal", et un légèrement "surgras" comme shampoing. Ma consommation moyenne est 3 g de savon par douche, plus 2-3 g par shampoing (cheveux courts). Hors sujet, mais pour les voyages courts, on peut facilement couper un savon au poids adéquat. Chez moi, j'ai un petit stock de savons entamés de différents gabarits (c'est plus facile que de découper les savons), dont le nécessaire pour le "kit ersatz PQ" de l'alinéa suivant.

En Iran je me suis habituée à utiliser les douchettes rince-fesse des WC : adopté, j'en ai installé une chez moi depuis mon retour. En Asie centrale, hélas il n'y avait plus de douchette. Assez régulièrement, je remplaçais le papier toilette par chiffon microfibre + un peu d'eau + savon (kit stocké dans un sachet ziploc que je gardais facilement accessible). Plein d'avantages : pas encombrant, pas de papiers qui traînent au bivouac même quand on n'a pas de briquet en état de marche, et surtout, ça râpe moins que le PQ tadjik de base et c'est plus propre. Ne sous-estimez pas ces détails, importants quand on passe plusieurs heures par jour en selle, surtout pendant les épisodes de "tourista" ou autre gastro.

Petite trousse de toilette très pratique, avec anse clipsable Deux petits trucs très pratiques pour terminer :

  • pour la petite trousse de toilette : l'anse clipsable qui permet de suspendre la trousse de toilette n'importe où (tube de vélo ou de plomberie, branche,...). Dans cette trousse, je range le savon, si possible pas trop mouillé, dans un sachet léger et résistant que je peux aussi suspendre, grâce à son cordon + un mini-mousqueton, s'il n'y a pas de surface propre pour poser le savon.
  • Pour sécher le linge : un hauban de secours, avec la petite pièce servant à le tendre. Avec ce hauban Exped, je pouvais facilement régler la longueur et tendre la cordelette sans faire de nœuds, aussi bien en bivouac que dans une chambre d'hôtel. Mes pinces à linge Et j'avais 4 pinces à linge à armature métallique, solides et très pratiques, de marque Relags (Wäscheklips) ou équivalent.

Pharmacie

Ce qu'il faut emporter dépend beaucoup de la destination, et de l'état de santé ou des antécédents personnels. Certains pays d'ex URSS interdisent l'importation de médicaments contenant de la codéine ou autre dérivés de morphine. Le contenu de ma trousse pharmacie a été contrôlé à l'entrée en Ouzbékistan. Pharmacie n°900 à Kotchkor Je n'avais pas de problèmes de santé avant de partir. Les pays où j'allais voyager ont un climat sain, et des conditions d'hygiène plutôt correctes. Je savais aussi que le réseau d'eau n'est pas très fiable en Ouzbekistan et au Tadjikistan, et que même en cas de besoin, j'aurais du mal à trouver des médicaments dans le Pamir. J'ai consulté mon médecin-traitant avant de partir, pour qu'il m'aide à faire le tri. Mon généraliste ne pousse pas à la consommation en médicaments, il m'a donné des conseils personnalisés et très pragmatiques. Je suis donc partie avec une trousse relativement légère, et les seuls produits qui m'ont manqué en route, j'ai pu les acheter sur place, pour soigner mon rhume en Iran (dont un délicieux sirop contre la toux à base de thym).

J'avais emporté, en petites quantités (souvent juste des plaquettes ou bouts de plaquettes plutôt qu'une boîte complète) :

  • un antalgique (paracétamol), un anti-inflammatoire (ibuprofène), un peu d'aspirine à croquer, un antibiotique large spectre (amoxicilline). Je n'ai pas eu besoin de l'antibiotique. J'ai consommé tout mon ibuprofène, et j'ai donné quelques comprimés de paracétamol à des hôtes démunis dans le Pamir tadjik.
  • pour "tourista" ou autre gastro : un antiseptique intestinal, un antispasmodique, un anti-diarrhéique. J'ai consommé tout l'antiseptique (3 épisodes de gastro, 2 causés par de la viande hachée et 1 par de l'eau contaminée je pense), mais j'ai renoncé à utiliser l'anti-diarrhéique qui ne fait que constiper sans traiter la cause. Et par chance je n'ai pas eu besoin de l'antispasmodique.
  • pour les petits bobos : un antiseptique pour plaies superficielles (Betadine gel), 2-3 dosettes de collyre, du sparadrap à découper, une bande de contention, quelques compresses de gaze stérilisée, un petit tube de crème pour les brûlures superficielles, 2-3 pansements de type "deuxième peau" pour ampoules.
  • pour les piqûres d'insectes : un tube d'anti-histaminique (Apaisyl) et mes comprimés sur ordonnance à cause de mon allergie aux piqûres de guêpes (anti-histaminique + corticoïde). Une pince tire-tiques.
  • quelques comprimés de Diamox (traitement d'urgence en cas de "mal aigü des montagnes"). Je n'en ai pas eu besoin, mon acclimatation à l'altitude s'est faite en douceur, et j'étais déjà montée plusieurs fois au-dessus de 4000m les années précédentes.
  • un petit tube de crème solaire + baume pour lèvres, mais j'ai préféré utiliser les techniques locales plutôt que de me tartiner : chapeau, foulard ou buff, vêtements couvrants légers et clairs. Comme ça, on est moins poisseux le soir.

2 pharmacies au bazar d'Osh : à droite pour le cheval, à gauche pour le cavalier. Et porte du milieu si vous avez besoin d'un remède de cheval ?

J'avais quelques petits ustensiles qui auraient pu être dans une trousse de toilette : ciseaux, pince à épiler (je devrais plutôt dire pince à épiner), épingle et fil à coudre, fil dentaire ou mini-brossette à dents. Simplement, je ne mettais dans ma trousse de toilette que ce dont j'avais besoin sous la douche (savon, chiffon microfibre, peigne, brosse à dent et dentifrice), pour avoir une petite trousse de toilette facile à suspendre n'importe où.

En voyage, je n'ai eu besoin que 2 fois de soins, les 2 fois chez un dentiste. Devanture d'un dentiste dans le quartier arménien d'Ispahan A Téhéran, aucun problème, les cabinets dentaires sont bien équipés, les dentistes bien formés, et le consulat français m'avait donné une petite liste de dentistes francophones ou anglophones. Au Kyrgyzstan, c'était plus rustique. Je ne sais pas si mon dentiste à Grenoble aurait pu sauver la dent, mais bon, elle a été extraite avec mon consentement (en russe, c'est comme ça que j'ai appris qu'un bridge en russe, ça s'appelle мостик), sous anesthésie, proprement, et pour un tarif défiant toute concurrence (environ 13€ + quelques € d'antibiotique et antiinflammatoire, en 2015)... Pour les problèmes plus sérieux, comme la méchante fracture suite à la chute de ma coéquipière, le plus sûr est d'avoir une bonne assurance : Inter Mutuelles Assistance est efficace pour gérer un rapatriement sanitaire.

Vêtements

Première et deuxième couche

Rien de très original. Je portais des sous-vêtements et pulls "techniques" en fibres naturelles pour ne pas prendre de mauvaises odeurs : soie par temps chaud, laine mérino par temps frais ou froid, en superposant au besoin différentes épaisseurs. J'avais des chaussettes et des pulls en mérino de 3 épaisseurs différentes (2 très fins, 1 moyen, 1 chaud), plus un collant. Je portais un pantalon ou un bermuda de rando, et un mini-cuissard cycliste dessous (voir page "Equipement vélo"). Ak Baytal, point culminant du parcours à 4655m. Je recommande de tester les slips sur au moins une journée de vélo avant de partir, pour éliminer ceux dont les coutures peuvent causer des inflammations très désagréables.

Couche externe

Ma veste Bergans Cecilie et mon surpantalon Vaude Yaras étaient tous deux confortables, imperméables et assez respirants, et, je trouve, de bon rapport qualité/poids. J'ai aussi apprécié ma petite doudoune sans manche au bivouac, en fin d'hiver ou en haute altitude.

Mes chaussures à cales SPD (voir page "Equipement vélo") prenaient l'eau par les semelles (partie non couverte par les surchaussures). J'ai parfois eu froid aux pieds au début, malgré le remplacement de la semelle intérieure d'origine par une dite "hiver", mais pas très épaisse car il n'y a pas beaucoup de place libre dans des chaussures de vélo à la bonne pointure. Mes moufles d'hiver 3 doigts "imperméables" ne tenaient guère plus d'une heure sous une pluie battante ; une prochaine fois j'essaierai autre chose (gants laine + surgants 3 doigts en goretex renforcé 3 couches ? ) .

J'ai renvoyé une partie de ma garde-robe d'hiver par colis postal en avril. Plus tard dans le Pamir, mes gants laine+polaire Black Diamond Woolweight (disparus du catalogue) et les surgants 3 doigts Chiba étaient suffisants. Je n'ai même pas eu à les utiliser souvent : ça tombe bien, je crains que ces surgants légers s'usent vite.

Accessoires indispensables Cycliste en tenue anti-coup-de-soleil

  • Mes lunettes de soleil à verre polycarbonate photochromique et polarisant étaient confortables, de bonne qualité optique, et assez enveloppantes pour me protéger du vent et de la poussière. Juste un petit inconvénient : verres polarisants non compatibles avec un viseur électronique d'appareil photo, donc je devais relever ou baisser mes lunettes pour prendre une photo. Mais je préfère quand même les verres polarisants. D'ailleurs, j'utilise souvent un filtre polarisant sur mon objectif photo.
  • Chapeau et buff m'ont bien servi pour me protéger du soleil en Asie Centrale : Mon premier kilomètre à vélo à la sortie de Persepolis soit pour moins me déshydrater dans le désert, soit pour ne pas prendre de coup de soleil en haute altitude. Le buff m'a aussi servi de masque anti-poussière sur certaines étapes.
  • En Iran, sur la route un gilet fluo taille XL me tenait lieu de "manto" cache-fesses, et je mettais un buff assorti ou un chapeau léger sur la tête. En ville j'avais une chemise longue en coton et un foulard léger.

Accessoires non indispensables que j'ai toujours dans mes bagages

  • un appareil photo pas spécialement compact, choisi pour la qualité de son optique. J'ai pas mal allégé ce poste dans mes bagages, puisque je suis passée en 20 ans du sac avec 2 boîtiers réflex + 4 objectifs fixes + un zoom + un stock de pellicules, à un seul boîtier numérique de type "bridge expert" équipé d'un zoom très haut de gamme + des cartes mémoire et quelques batteries de rechange. Enfin, il serait plus juste de dire que c'est un excellent zoom équipé d'un boîtier. C'est un Leica V-Lux1, qui n'est plus produit ; il est remplacé par le Leica V-Lux114. Il existe des appareils similaires comme le Panasonic FZ1000 ou le Sony RX10, équipés d'un zoom respectivement Leica ou Zeiss. Mais la majorité des photos de ce blog sont prises avec... mon smartphone, acheté pour ce voyage (je n'en avais pas jusque là) car je n'emporte ni ordi ni tablette qui permettrait de récupérer les photos et les mettre en ligne. Avec un minimum d'entraînement, vous devriez pouvoir reconnaître quelles sont les photos issues du vrai APN, ajoutées sur le blog après mon retour ;-)
  • un petit lecteur mp3 qui fait aussi récepteur radio, dont j'ai changé les écouteurs pour avoir une meilleure qualité de son (on trouve d'excellents petits écouteurs chez AKG, Sennheiser, Shure ou GradoLabs)
  • un monoculaire compact qui m'aide à repérer les chemins ou les coins de bivouac (y en a de très bien chez Zeiss ou Leica).

J'avais aussi emporté 2 petits livres de poche bilingues français/russe et une liseuse. La liseuse a rendu l'âme (écran fendu) alors que je n'avais lu que 2 ou 3 des livres que j'y avais téléchargés.

Sur un étal de souvenirs à Khiva

Bibelots ou autres souvenirs ?

Je ne transportais pas de souvenirs, je les postais chez mes parents ou mon frère. Entre les babioles et les affaires perso dont je n'avais plus besoin, j'ai expédié en tout 8 colis postaux non express (3 d'Iran, 2 d'Ouzbékistan, 3 du Tadjikistan) + un tapis expédié par le marchand de Téhéran. Ils sont tous arrivés, dans des délais de 3 à 5 semaines, sans dommage à l'exception d'un CD audio fendu. Seuls objets "perdus" : des flacons d'eau de rose à Kashan, et mon antivol vélo à Dushanbe, ont été refusés lors du contrôle de sécurité. Les kitchaks ont aussi été refusés à la poste de Nukus à cause de leurs petits clous, mais la poste de Boukhara a bien voulu les expédier.