La plus mauvaise journée du voyage ?

M41. Qala i Nav

Ça commençait pourtant bien : une bonne nuit dans une petite oshkhona (littéralement, maison où on mange la soupe) dont la propriétaire nous a gentiment hébergées, du soleil, l'air lavé par l'orage de la veille, presque pas de vent, un beau paysage, une bonne route.

Petit col juste avant Obigarm

Bonne, mais traître. Dans la descente sur la petite station thermale d' Obi Garm, un méchant nid de poule isolé a fait chûter Susanne. Une brève visite à l'hôpital local nous montre à quel point le système de santé est démuni au Tadjikistan : dans cette bourgade d'environ 8000 habitants à 100 km de Dushanbe, il n'y a même pas de quoi passer une radio. L'ambulance est un simple microbus avec une civière artisanale posée par terre à l'arrière. Nous prenons donc un taxi pour Dushanbe.

Début de la fin. Taxi Obi Garm - Dushanbe.

La radio, faite au moyen d'un appareil d'occasion avec plaques photo à l'ancienne, ne laisse hélas aucun espoir d'amélioration rapide : fracture de la clavicule avec un déplacement de près de 2 cm. Nous changeons d'hôpital pour prendre l'avis du médecin de garde à l'hôpital privé iranien de Dushanbe, établissement recommandé sans hésitation par Véronique, une Française qui travaille au Tadjikistan depuis 2012 dans le cadre d'une coopération avec l'Union Européenne.

Dushanbe, Rudaki Prospekt. De nombreux bâtiments officiels bordent cette avenue

Le médecin de garde est un jeune cardiologue, il décrit la radio de l'épaule par téléphone au collègue traumatologue en congé. Le traumatologue propose de revenir demain pour opérer. En attendant, le médecin de garde n'a qu'une injection d'antalgique, même pas de quoi poser une attèle provisoire. Nous sommes pourtant dans le meilleur hôpital civil de la capitale...

Dushanbe, avenue Rudaki. Fosse accessible à vélo... Alors on sort le joker : Susanne appelle IMA - MAIF Assistance. Après quelques échanges téléphoniques, la suite du programme est prête : rapatriement par le premier avion pour Istanbul cette nuit. On va se reposer un peu, emballer le vélo et réorganiser le contenu des sacoches chez Véronique. À 3 h du matin, le taxi pour l'aéroport nous embarque. J'aide Susanne jusqu'à l'enregistrement de ses bagages, et je retourne chez Véronique. J'aurai le temps sur la route de réfléchir à des variantes d'itinéraire moins "engagées", pour cycliste seul dans les hautes vallées du Pamir. La vallée de Bartang, ça ne sera pas pour cette fois.

Commentaires

1. Le 22 juin 2015, 17h17 par Susanne

Oui, j'espère très fort que ça restera la plus mauvaise journée ! Pour moi c'est bien fini dès le troisième jour, il me ne reste qu'à remettre le Pamir à une autre fois ...
Susanne

-- rétablis-toi vite pour être en pleine forme pour le Karakoram en ski de rando, c'est aussi un très beau projet ! 

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