Marx, Engels, Sorban et Valer

Pic Karl Marx, 6723m, vu du haut de la vallée de la Shoqdara Pic Friedrich Engels, 6507m, vu du haut de la vallée de la Shoqdara Je voulais passer quelques jours dans une vallée hors des axes de transit (bien que la circulation sur la route M41 ne soit pas très dense) et jeter un coup dœil aux pics Karl Marx (6723m) et Friedrich Engels (6507m).

De droite à gauche : Karl Marx et Friedrich Engels, la tête dans les nuages

Badakhshan ensemble : "Сабзак", album Pamir mountains

Pour ne pas trop me fatiguer avant les cols à + de 4000m qui sont sur ma route prochainement, et pour éviter de faire 2 fois le même tronçon à vélo, j'ai pris un taxi sur les 70 premiers kilomètres, jusqu'à Roshtqala.

Vallée de la Shoqdara un peu au-dessus de Roshtqaka

Une maison de Virang Restait 60 km de montée jusqu'au petit village de Djavchanguz (environ 3300m).

Les vallées du Pamir sont longues, et souvent encaissées au début. La piste suit de près les accidents du relief, donc on a pas mal de petites remontées dans la descente (je me demande même s'il n'y en a pas plus que de petites descentes dans la montée).

Vallée de la Shoqdara entre Nimos et Zarbut

La remontée de la Shoqdara est variée, avec une végétation souvent assez verte en fond de vallée,

Des prés à la sortie amont de Soshvubad

quelques hameaux, des montagnes plus arides,

Petit hameau tranquille : quelques maisons et un minuscule magasin.

et de temps en temps une vue sur des sommets à plus de 5000 ou 6000m.

Quelques jolis pics à environ 5000m et la rivière Shoqdara au niveau de Djavchanguz

J'ai subi en route une nouvelle attaque d'affreuses petites mouches qui piquent, elles se massent près des points d'eau.

Shoqdara, plateau de Djavchanguz, pic Karl Marx

Je suis arrivée tout doucement dans le haut de la vallée, moins encaissé, et avec vue sur les 2 pics voisins Marx et Engels.

Vue sur la vallée de la Shoqdara depuis un promontoire en aval de Djavchanguz. Au fond, Marx & Engels.

En arrivant à Djavchanguz, j'ai vu un panneau "homestay" mais pas de gîte correspondant à proximité immédiate. Quand j'ai demandé à la première maison suivante où était la mehmonkhona, Sorban m'a répondu "mais pourquoi, pas besoin, ici est notre maison".

Le grand-père et la fille de Sorban, à Djavchanguz

J'ai donc été hébergée dans une petite ferme d'altitude (pas de jardins, seulement des alpages), j'ai mangé des pâtes aux patates et au beurre, j'ai eu la pièce principale comme chambre pendant que la famille dormait à la cuisine, et le lendemain matin, thé au lait et pain maison.

En-dessous de 2500 à 3000m d'altitude, les villageois peuvent cultiver fruits, légumes et céréales.

Le lendemain soir au retour, dans le hameau de Vezdara, nettement plus bas dans la vallée, scénario similaire. Ne voyant pas à quelle maison pouvait mener le petit panneau bleu "homestay", je questionne un piéton de passage, et Valer m'invite chez lui.

Nila dans la pièce principale de sa maison traditionnelle

Petit déj' avec Valer : shir tchoy et pain maison Par rapport à la veille, c'était du luxe : sa femme Nila m'a préparé une bassine d'eau tiède pour que je me décrasse, on a mangé un bon plat de riz aux carottes du jardin, j'ai aussi eu la pièce principale comme chambre, et le shir tchoy (thé au lait salé) + pain maison au petit déj était délicieux.

Et puis Valer parlait nettement mieux russe que Sorban, c'etait plus intéressant. Il me semble que les jeunes Pamiris connaissent souvent un petit peu d'anglais et de russe, mais à un niveau vraiment débutant, alors que ceux qui ont été scolarisés pendant l'ère soviétique parlent souvent russe beaucoup mieux que moi (bien qu'ils ne semblent pas très à cheval sur les déclinaisons...)

Autobus HS reconverti en magasin avec congélateur pour crèmes glacées ! A noter : on peut facilement être hébergé chez l'habitant, mais pas forcément gratuitement. Les Pamiris sont hospitaliers, mais surtout en altitude où il n'est plus possible de compter sur les produits du jardin, ils vivent dans un tel dénuement qu'ils demandent parfois aux touristes de régler l'équivalent d'une nuit ou d'une demi-pension en gîte ou hôtel (une dizaine d'€).

Annexes

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