Voilà, j'ai terminé ma traversée des "hauts plateaux" semi-désertiques du Pamir. C'était assez désolé, dépaysant et impressionnant, mais pas franchement plat... Je m'accorde une pause à Osh, dernière étape de ce voyage. Et dernières (?) mises à jour.

Après le col de Khargush on rejoint la route M41 par une piste qui nous donne une belle occasion de méditer longuement sur l'efficacité des phénomènes de résonance responsables de la formation de la "tôle ondulée", puis du fait qu'à vélo, on ne peut pas descendre sur cette fichue "tôle ondulée à plus de 8 ou 9 km/h...

Entre M41 et BulunkulIl n'y a quasiment pas d'alpages sur ce versant. Juste quelques petits lacs salés au bord desquels ça sent la saumure.

Comme j'avais le temps de faire le détour, je suis allée au petit village de Bulunkul pour voir le lac du même nom et le lac voisin Yashilkul. Petit paturage au bord du lac Bulunkul Le village de Bulunkul est habité toute l'année mais il n'y a ni fruits et légumes qui y poussent, ni électricité secteur, ni antenne-relais de téléphone. Bulunkul, centre-ville
Et bien sûr pas d'eau courante dans les maisons, on la tire au puits. Bulunkul, centre-ville au coucher du soleil avant un orage

Enfants de Bulunkul

(+) Muboraksho Mirzoshoev : "Сабза ба ноз меояд"

Pendant l'heure où il n'a pas plu, le lendemain, j'ai pris des photos des gamins du village (mais pas avec le smartphone, trop lent au déclenchement pour ce type de photos). Curieusement, ce village qui subsiste chichement de l'élevage est encore peuplé de Pamiris tadjiks (ils parlent shughnani, le dialecte de la vallée de Khorog), alors que les villages suivants sont tous majoritairement peuplés de Kyrgyzes.

Le minuscule magasin du village n'a pas grand-chose en rayon, les habitants achètent farine, patates et oignons par sacs de 10 kilos à Alichur, à 40 km, dont 16 km de piste en mauvais état (boue ou tôle ondulée).

Mon refuge pendant les averses à Bulunkul Mais une des familles fait gîte dans une grande maison où 2 pièces sont réservées aux rares clients. Ça tombait rudement bien : j'ai pu passer tranquillement à l'abri une journée complète de pluie fraîche (Bulunkul est à environ 3800m), et la soupe était bonne, avec quelques morceaux de carottes et pois chiches. Recharge d'une batterie d'APN avant l'extinction des feux

J'ai même pu recharger une batterie d'appareil-photo pendant la tranche horaire où mes hôtes faisaient tourner le groupe électrogène (19h30-21h). Mais ça demande un peu de doigté...

Et enfin, il y avait une chouette salle de bains à 6 km : une source chaude avec vue sur le Yashilkul. Le thermostat n'est pas réglable mais en bouchant le trou de la baignoire avec un pied ou une fesse, on peut prendre un bain à une température très agréable. Manque juste une porte pour protéger du vent quand on sort de l'eau... Yashilkul et bicoque-salle-de-bains
Bain chaud au-dessus du Yashilkul