Hall de la gare principale de Téhéran

Salar Aghili : "Daf mizanam", album Fasle asheghi

Si vous regardez une carte, vous verrez qu'il n'est pas logique de passer par Mashhad pour aller de Téhéran à Nishapour. Mais au guichet de la gare de Téhéran, je suis tombée sur un débutant non anglophone qui m'a vendu un billet pour Mashhad en me disant que de là je pourrai facilement aller à Nishapour.

Train entre Téhéran et Mashhad

Ce n'est qu'une fois arrivée à Mashhad que Samira, passagère du même train de nuit que moi, m'a appris que l'arrêt-prière à 4 h du matin, c'était à Nishapour. Pas grave, au moins j'ai pu dormir jusqu'à 6 h. Les couchettes 1ère classe étaient confortables. Dans chaque compartiment, on avait une bouilloire et du thé ou nescafé, une télé, et un petit pack ravitaillement par personne (biscuits, cacahuètes, jus d'orange et eau). Le seul incident de parcours a été que le bouton "Marche/Arrêt" de la télé était coincé sur "Marche", mais le contrôleur en est finalement venu à bout, ouf !

Compartiment couchette 1ère classe, mixte.

A noter : le compartiment était mixte ; le passager et la passagère que vous pouvez voir sur la photo n'avaient aucun lien de parenté ni avec moi, ni entre eux. Cela fait partie des évolutions réglementaires. Il y en a eu d'autres : un policier n'a plus le droit de vérifier si un homme et une femme sortant ensemble sont membres d'une même famille, ni de fouiller le sac des dames (je vous laisse deviner qui porte discrètement la bouteille de vin ou de vodka quand un couple iranien veut emporter un peu d'alcool pour un pique-nique). Une femme iranienne majeure non mariée est maintenant libre de voyager à l'étranger ; enfin, si elle arrive à avoir un visa. Obtenir un visa Schengen, même pour un séjour touristique de courte durée, est très difficile pour les Iraniens. Le nombre de visas est contingenté, et on leur demande entre autres un justificatif d'emploi stable et un dépôt correspondant à 120 € par journée de séjour en France, alors que le salaire d'un instituteur iranien est à peine 300 €/mois.

Hall d'attente de la gare de Mashhad

Train+vélo : Samira et le barman à la rescousse A Mashhad, Samira m'a invitée à prendre un thé au buffet de la gare, puis avec un des barmen, m'a aidée à prendre un billet pour Nishapour, puis surtout, à monter mon vélo dans le train. Pour une fois, le contrôleur en chef n'était pas commode. Je ne sais pas ce que le barman et Samira lui ont raconté, mais ils ont dû insister pour que je puisse embarquer mon vélo...

Cycliste nishapouriA l'arrivée à Nishapour, un policier désœuvré a contrôlé mon passeport (ça m'est arrivé 3 fois sur les petites routes du Mazandaran) puis m'a souhaité la bienvenue. Nishapour est une ville à taille humaine (environ 600 000 habitants) et j'ai eu l'agréable surprise d'y voir plus de vélos dès ma 1ère heure ici qu'en 10 jours à Téhéran.