Avenue dans le nord-ouest de Téhéran. A l'heure où j'écris cette page, je n'ai pas encore essayé de circuler à vélo dans Téhéran + proche banlieue. Je ne sais pas si je tenterai d'aller à la gare à vélo demain... J'ai circulé en taxi, en voiture (avec mon hôte), en métro, et un peu à pied. Je transférerai 2-3 photos la prochaine fois que je pourrai copier ma carte mémoire SD.

Métro

Prendre le métro à Téhéran, c'est pas facile au début. Les guichets qui vendent les tickets n'ont pas de plan du métro. J'en ai mendié un auprès d'un bureau voisin mais celui qu'on m'a donné était tellement peu lisible (police de caractéres taille 5 je pense, et tout n'était pas transcrit en alphabet latin), Enfin, au détour d'un couloir, un plan du métro de Téhéran ! et périmé et incomplet (il manquait une bonne moitié des stations, dont celle où j'étais et celle où je voulais aller...) que je l'ai poubellisé dès que j'ai aperçu un plan plus à jour dans un couloir plus loin dans la station. On était 4 à faire la queue devant ce poster pour le photographier.

Une fois trouvé le bon quai, j'ai hésité puis fini par comprendre après la correspondance suivante. Dans le métro, contrairement aux bus urbains, il n'y a pas de ségrégation complète hommes/femmes. Dans les bus urbains, hommes devant et femmes derrière.

Station de métro à Téhéran

Dans une rame de métro, toutes les voitures sont mixtes sauf celle(s) marquée(s) Women only. Les voitures mixtes sont quand même majoritairement occupées par des mecs. Je vous laisse deviner dans quelle voiture les petits vendeurs ambulants vendent quoi : rasoirs Gilette, vernis à ongles, rouge à lèvres, tournevis...

Pour une femme, l'avantage d'aller dans une voiture mixte (sans compter qu'on peut acheter des tournevis), c'est qu'on peut profiter de la galanterie des messieurs iraniens pour avoir une place assise. Pour repérer où seront les voitures mixtes ou women only, pas besoin de déchiffrer le persan : il suffit de regarder sur le quai où sont les passagers mâles ou les passagères en tchador noir.

Taxi

J'ai aussi circulé en taxi car la densité de stations de métro n'est pas très élevée et les plans du réseau de bus que j'ai vus sur quelques abribus (pas tous, loin de là ! ) n'étaient pas assez lisibles pour moi.

Place Tajrish et station de taxi

On peut demander "dar baste" (littéralement "porte fermée") ou "savari" (taxi partagé sur un itinéraire prédéfini). Un taxi dar baste ne s'arrêtera pas en chemin pour prendre d'autres passagers ; l'option savari est très couramment pratiquée. Si la probabilité de trouver d'autres passagers en chemin est faible, le savari attend à la station et part quand il est plein. On attend rarement longtemps, et si on s'impatiente on peut accélèrer le processus en payant une place vide en plus de la sienne.

Les courses ne sont pas chères (typiquement 4-5 € pour 3/4 d'heure de trajet dar baste) , donc les chauffeurs de taxi pas très riches. En général ils n'ont pas de GPS, et connaissent bien un secteur mais pas tout Téhéran. Pour arriver à destination, soit le passager guide le chauffeur (j'avais une copie de plan du quartier des consulats ouzbek et turkmène dans mon smartphone, ça a bien servi), soit le chauffeur demande le chemin aux passants, ou à d'autres conducteurs — y compris au milieu d'un carrefour à fort trafic.

Voies express de Téhéran.

Voiture

Le centre de Téhéran est interdit aux voitures particulières dépourvues d'une vignette réservée aux "personnes autorisées" (résidents du centre, taxis, véhicules de service...). Mais globalement, il y a beaucoup de voitures, dont un pourcentage relativement élevé de Peugeots produites par Iran Khodro. En heure de pointe ça bouchonne un peu partout.

Mon hôte avait un bon autoradio et plein de musique pop iranienne pour patienter dans les embouteillages : exemples en "annexe" (j'en mets plusieurs parce qu"il y beaucoup d'embouteillages, et aujourd'hui c'est du luxe, j'ai du wifi haut débit...) Il n'y a pas que de jeunes Iraniennes qui ont les cheveux au vent. Téhéran, place Tajrish.

Chaartaar : "Baaraan toee"

Googoosh : "Sahel o darya" en concert (hors Iran...)

Joueur de santouri sur un trottoir de Téhéran.

Mohsen Chavoshi : "Man ba to khosham", album Santouri

Le code de la route est théoriquement à peu près comme chez nous, mais est appliqué "à l'orientale". Là où il y a 3 voies, il y a la place pour 4 plus un stationnement en 5ème file. Dans les carrefours, tout le monde se faufile par le moindre espace libre, mais quand ça coince vraiment, on se fait des politesses. Le klaxon est largement utilisé mais il est de bon ton de s'excuser par un petit geste ou sourire d'avoir dû klaxonner.

À pied

Téhéran. Une rue des quartiers nord en fin d'après-midi. Les trottoirs sont de hauteur et largeur très variables ; les caniveaux sont larges et profonds. En outre, les piétons sont désavantagés par le fait qu'ils n'ont pas de klaxon. Mais ils se faufilent tout autant que les automobilistes pour traverser les rues, en général sans courir, en regardant droit dans les yeux les conducteurs dont il faut couper la trajectoire.